Thème : Finance

Peser la monnaie ? Le trébuchet ou la balance romaine

Comment voulez-vous peser votre monnaie ? Drôle de question ! Il y a beau temps que la monnaie ne se pèse plus. Même les monnaies d’or, d’argent ou de bronze ! Ce n’est pas pour rien que le célèbre Crésus, roi de Lydie, a conquis sa renommée : il avait inventé la monnaie. Le première monnaie signée, qui venait de ses ateliers. Continuer la lecture

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Une clarification particulièrement bienvenue : qu’est-ce qu’une néobanque pour l’ACPR ?

Dans sa Revue du mois dernier, L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), allant à l’encontre de la pratique de marché, entend réserver le terme de néobanque aux seuls établissements de crédit, c’est-à-dire aux banques, car le terme de néobanque serait trop proche de celui de banque et donc trompeur pour les clients.

Qu’est-ce qu’une néobanque ?

« En France, le mot « banque » correspond à une notion définie par le Code monétaire et financier. Il est très important pour maintenir la confiance des citoyens dans le système bancaire de ne pas utiliser ce terme à mauvais escient. En ce sens, une « néobanque » doit d’abord être une « banque » pour pouvoir se référer à ce terme. S’il est vrai que l’expression « néobanque » est communément utilisée, dans la presse notamment, pour décrire de nouveaux acteurs du secteur financier, il ne faut néanmoins pas oublier que ce néologisme est construit à partir d’un mot qui a une définition légale. Employer le mot de « banque » ou « d’établissement de crédit » pour qualifier une entreprise non bancaire, parmi lesquels les établissements de paiement et de monnaie électronique, ainsi que leurs agents et leurs distributeurs, est interdit par la législation. » (Revue ACPR, avril 2021)

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La rivalité entre monnaies digitales souveraines et monnaies cryptées privées

L’aventure du bitcoin parle des prouesses d’une initiative disruptive pour faire jaillir un instrument radicalement nouveau. Pourquoi cette aventure ?

 

 

Il faut commencer par des considérations qui n’ont rien à voir avec la technologie ou l’informatique

Au-dessus du berceau du bitcoin se penchaient trois fées qui se nommaient : Anonymat, Minage, Cryptage. La crise de 2008 était passée par là. Les banques étaient discréditées ainsi que leurs dirigeants. Les idées américaines libertariennes qui avaient essaimé dans la Silicon Valley se sont alors concrétisées en propositions monétaires.

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Les prix du bitcoin et la fin de la monnaie hélicoptère

L’alliance Tesla-le bitcoin a surpris tout le monde. En raisonnant un peu, il faut reconnaître que si les cours du bitcoin progressaient à nouveau comme ils viennent de la faire, Tesla serait d’un coup débarrassé de toutes ses dettes. Le sujet est sensible : les taux d’intérêt viennent d’entamer leur remontée.

Les cours du Bitcoin et la fin de l’argent à vil prix

On s’interroge sur cette opération où Tesla se jetant dans l’aventure du bitcoin et investissant 1,5 milliards de dollars a déclenché l’envol des cours du bitcoin et les a propulsés aux abords « des 60 000 » (comme disent les fans : « ses plus hauts de tous les temps »).

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Que tirer du débat « monnaies cryptées » vs « monnaies digitales des banques centrales » ?

Le lancement de la « libra » et, quasiment dans la foulée, les annonces faites par la Chine au sujet du lancement du yuan digital ont complètement renversé la situation en matière de monnaies digitales. Remarquons en premier lieu que lorsqu’on évoque les monnaies « numériques », dites souveraines, on utilise l’expression de « monnaies digitales » et non pas monnaies cryptées.  Le terme de monnaies cryptées ne s’appliquerait plus, en principe, qu’aux monnaies qui prétendent court-circuiter les intervenants officiels du domaine monétaire : les banques, qu’elles soient banques centrales ou banques commerciales.

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Le crowdfunding en 5 points

Le financement participatif (littéralement « par la foule ») consiste à mettre en relation, au moyen d’un site internet, les porteurs d’un projet et les personnes finançant ce projet, dans un cadre prédéfini en termes d’objet (biens ou prestations de services), de montant (financement et rémunération) et de calendrier (durée de la collecte, modalités de remboursement…) Plusieurs modèles existent, sources de multiples solutions.

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La finance alternative ou le financement alternatif

Alors qu’il y a à peine 5 ans d’aucuns pensaient la finance alternative comme acteur négligeable de la finance et donc de l’épargne, nous constatons aujourd’hui un engouement mondial – qui ne se dément pas – pour ces nouvelles classes d’actifs qu’elle fournit et pour les nouvelles technologies associées (notamment la blockchain).

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[TRIBUNE] : Le chômage et le risque de ne plus travailler (2/2)

Retrouvez la première partie de l’article ici: 

http://www.vademecum-patrimoine.com/2020/12/17/tribune-le-chomage-et-le-risque-de-ne-plus-travailler-1-2/

 

Une France devenant une sorte d’idiote du village planétaire

Non seulement notre pays est bien loin d’avoir trouvé la martingale sociale et éducative pour le XXIème siècle (et les réformes entrevues chez les Républicains seront bien insuffisantes pour nous permettre de nous ressaisir), mais plus ennuyeux encore nous devenons les idiots du village planétaire :

  • En important tout ce que nous n’avons plus le courage ou la capacité de produire, non seulement nous sommes devenus incapables de produire les ordinateurs ou les téléphones dont nous sommes tellement friands, mais les voitures, les produits alimentaires de base (œufs, poulets, porcs, poissons ou fruits et légumes) ou même les matériaux de construction sont désormais massivement importés alors que nous avions des positions hégémoniques il y a encore 15 ans dans ces domaines.
  • En « important » des travailleurs alors que nous ne voulons plus réaliser de travaux difficiles, salissants ou nous occuper du social (les maisons de retraite, les hôpitaux, pas plus que les chantiers ne pourraient fonctionner sans personnels d’origine étrangère).
  • En empruntant tous les jours 500 millions d’euros, non pas pour investir dans des programmes d’avenir (mais quelles sont les infrastructures dont nous manquerions aujourd’hui ?), mais pour assurer nos fins de mois sociales et les paies des fonctionnaires (ne parlons pas des retraites futures des fonctionnaires, aucunement provisionnées et qui ne pourront plus être payées si la finance mondiale cesse un jour de nous alimenter en argent frais).
  • En bloquant toutes les réformes d’envergure (retraite, code du travail, éducation) pour tenter de faire jouer les prolongations au XXème siècle.
  • En nous accrochant à des idéologies mortes ou muséifiées (le communisme, le socialisme, le capitalisme…).

Le travail aujourd’hui a totalement changé mais nous refusons de l’admettre

Nous ne sommes plus en 1960 quand le travail était massif et que les politiques économiques consistaient dans la répartition des parts (plus ou moins équitables) du « gâteau ». Le gâteau demain sera de plus en plus sec et de moins en moins bien réparti car désormais le travail est devenu tout à la fois :

  • Une prise de risques financiers dans un pays qui n’a globalement plus de cash (ou enfoui dans la pierre et les livrets d’épargne).
  • Un pari sur l’avenir dans un pays qui souhaite récolter avant de semer (la cagnotte dépensée avant même d’exister ou de prospérer).
  • Une mobilisation, sans cesse renouvelée, des ressources intellectuelles de chaque travailleur.
    Les pouvoirs publics, toujours à la recherche de gadgets sociaux, ont cru bon d’inventer « le droit à la déconnexion » alors que personne ne veut comprendre que c’est un engagement cognitif intense dont ont besoin les travailleurs et que le risque de laisser s’étioler notre cerveau est bien plus important que celui de trop le solliciter.
  • Un don de soi et une valeur en voie d’extinction avec les pseudos droits sociaux accordés à crédit par tous les gouvernements depuis 1981.

Le chômage de masse perdurera donc tant que nous ne nous interrogerons pas sur le travail aujourd’hui, son rôle, ses compétiteurs (les loisirs mais aussi les pays laborieux et pauvres qui veulent s’en sortir) et que nous nous croirons éternellement bénis des dieux, protégés du monde derrière nos frontières (mentales, sociales, idéologiques ou physiques).

Par Didier Cozin

Photo de M. Didier Cozin

Ouvrages de Didier Cozin aux Editions Arnaud Franel :

ID Reflex’ Apprendre à apprendre
ID Reflex’ Entretien professionnel

 

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Les néo-banques, poissons-pilotes ou vraies banques ? (2/2)

Retrouvez la première partie de l’article ici 

On a insisté, dans la première partie, sur le caractère souvent fictif des qualités des néo-banques. Il faut maintenant s’interroger sur leurs rapports avec les vieilles banques et les ambiguïtés qu’ils comportent.

Les vieilles banques à la manœuvre : quelques doutes sur la disruption des néo-banques

S’agit-il ici de défendre « les institutions » contre les néo-banquiers ? En vérité, il faut rappeler que l’innovation dont se réclament ces derniers est très relative : les virements sont faits à une vitesse accélérée ? Tant mieux ! Mais comme le faisait remarquer un régulateur : encore faut-il que le donneur d’ordre soit lui-même à la hauteur de la technicité de l’opération. Lorsqu’il s’agit de 50 euros, l’erreur n’est pas trop grave… On parle d’innovation, mais, à un moment, lorsque la néo-banque devra exécuter les ordres de son client, usant de la monnaie émise et garantie par la Banque centrale européenne dans le cas de la zone euro, il faudra bien qu’elle se plie aux exigences de cette dernière quant à l’emploi de cette monnaie. On parle d’innovation mais l’essentiel de l’innovation en matière de paiement revient aux mesures dites SEPA et IBAN mises en place par l’ensemble des banques européennes.

Quant à la protection des utilisateurs, elle n’est pas si assurée. La défaillance, très grave, d’une néo-banque allemande, Wirecard a montré tous les dangers attachés à ce type d’organisme. Fraude, malversation, trucage des comptes, système informatique défaillant et obsolète. La fintech allemande a rassemblé toutes les tares comptables et financières qui auraient parfaitement illustré les escroqueries de la « banquière » Emma Eckhert, en France, au lendemain de la Première Guerre Mondiale. Peu après Wirecard, c’est une plateforme de microcrédit allemande, Monedo, qui faisait la une de la presse spécialisée. En Angleterre, c’est Ipango, qui a déposé son bilan. Parmi les causes : une insuffisance de fonds de roulement. En mots moins choisis, des fonds propres inexistants alors qu’à la base, la vraie garantie des clients repose sur l’importance de ces derniers.

La réponse à ces risques ? L’une est simple : leur rachat par les banques établies ?

Les néo-banques, des poissons-pilotes ?

Ces opérations sont nombreuses, une des plus marquantes en France fut le rachat de « compte Nickel » par Paribas.

Combien de néo-banques ont été créées dans un pur contexte de pures start-ups de la Finance ? Ou dit autrement, combien sont de « pure players » ? Cette question ne présente pas beaucoup d’intérêt pour deux raisons : des néo-banques lancées comme de véritables start-ups quand elles réussissent deviennent la proie des « vieilles banques ». Leurs initiateurs les cèdent volontiers parce qu’ils se rendent compte qu’un développement à marche forcée dans un milieu hypercompétitif va vite excéder leurs moyens financiers mais aussi humains et organisationnels. Deuxième raison : certaines de ces start-ups sont portées en avant par les « vieux acteurs » et en tirent ressources humaines et technologiques. Parfois elles permettent à ces vieux acteurs d’aller tester des formules sur le marché. Leurs « parrains » auront alors deux options. La première sera d’internaliser les solutions trouvées par les start-ups et de leur offre on line, la seconde, si le succès est vraiment très fort sera de les laisser se développer pour attaquer un segment de marché qui ne leur était pas accessible pour des raisons psychologiques ou culturelles : les jeunes qui ne veulent plus entendre parler des banques traditionnelles et qui veulent du neuf, des services qui leurs ressemblent, des langages qu’ils comprennent.

Des exemples qui se multiplient

On a donné en exergue de cette section l’exemple de BNP-Paribas qui s’est rapidement portée acquéreur du « compte nickel ». On peut prendre l’exemple de la Société Générale qui a multiplié les partenariats et les rachats.

Elle est même allée jusqu’à prendre le contrôle d’une plateforme de services aux néo-banques : Treezor, qui permet à ceux qui veulent créer leur banque de s’appuyer sur tous les services comptables, juridiques, règlementaires utiles. Elle a acquis un des vétérans de la banque en ligne : Boursorama bank. Elle a lancé plus récemment une néo-banque, Shine : « Grâce à Shine, les indépendants peuvent par exemple créer leur activité, créer leur statut de micro-entrepreneur et gérer tout un tas de démarches administratives dont notamment la facturation » (1). Dans le même esprit on trouve Prismea, la néo-banque du Crédit du Nord , filiale aussi de la Société Générale, à destination des professionnels.

Les néo-banques sont-elles dans ces conditions pour les vieilles banques un moyen élégant de résoudre le problème : trop de cols blancs, remplaçons-les par des robots ? ou des avancées que les banques préfèrent voir venir de l’extérieur ou des initiatives qu’elles préfèrent externaliser avant de leur donner tout leur lustre en les réinternalisant ?

La compétition est ouverte. Le vrai juge de paix se trouvera dans la capacité à traiter du crédit aux entreprises et de gérer en masse les prêts aux particuliers.

 

(1) Shine : comment la néo-banque française a été pensée pour les indépendants ? (siecledigital.fr)

 

Par Pascal Ordonneau

Photo de M. Pascal Ordonneau

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Les néo-banques, poissons-pilotes ou vraies banques ? (1/2)

La multiplication de ce qu’on nomme les néo-banques a quelque chose à la fois d’émouvant et d’inquiétant. Emouvant parce qu’enfin les grandes et massives organisations bancaires sont challengées par des « chevau-légers » de la banque et de la finance appuyées sur l’état de l’art en matière de technologie informatique et de communication pour développer une banque réactive, imaginative et proche des clients.

Inquiétant, parce que même si ces « néo » ne prennent place sur la scène bancaire et financière que dans le cadre de réglementations contraignantes destinées à protéger monnaies et utilisateurs de la monnaie, leur foisonnement, la concurrence qu’elles se portent entre elles et aux banques traditionnelles, comportent des risques élevés de dérives et de dévoiements à l’encontre des utilisateurs et des pouvoirs publics.

Les néo-banques, une espèce à croissance ultra-rapide

Les néo-banques se multiplient à une vitesse étonnante, c’est un fait incontournable. Le Journal du net citait une étude qui en identifiait 46 en Europe et 12 opérationnelles en France. Pour les néo-banques nées dans un pays « euro », le champ d’action géographique est naturellement « Euro-péen ». Mais, elles débordent souvent et, dans quelques cas, ont franchi l’océan. Elles visent en général les particuliers, les start-ups, les auto-entrepreneurs et les PME. Leurs prestations, en ligne, sont très basiques et se concentrent en général sur ce que le système classique qualifie d’opérations de caisse : compte en banque, carte de paiement, chèques, virements, prélèvements, et toutes informations les concernant. Elles ne prêtent que très rarement et n’offrent pas de produits d’épargne particulièrement innovants. Parce qu’elles sont modernes, innovantes et en ligne, elles ne recourent qu’à un nombre très réduit d’agents. Parfois moins d’une centaine alors qu’elles couvrent des zones géographiques fort larges.

Voilà, pensera-t-on, une remarque typiquement conservatrice ! Quelle importance, le nombre d’agents disponibles pour le fonctionnement de la néo-banque et la satisfaction de sa clientèle, puisque justement, son but est de se débarrasser des paperasses, ronds-de cuir et autres ralentisseurs d’actions, de financements et de paiements ? Il est certain que, vu sous cet angle, l’idéal serait certainement une banque conçue comme une version élaborée d’un « smart contract » ou mieux une DAO façon Ethereum. Plus de « Middle Men » qui ne sont pas des partenaires mais des empêcheurs de tourner en rond.

Valeur ajoutée fictive ou marketing hyperbolique ?

Il faut revenir aux réalités bancaires et à la valeur ajoutée des néo-banques avant d’envisager le pire. Les néo-banques sont-elles si « néo » que cela ? On peut dire sans se tromper que, dans la plupart des cas, les néo-banques sont une couche bancaire qui vient se superposer aux précédentes. Bien sûr, elles fonctionnent dans le cadre et selon les règles d’une directive européenne sur l’accès aux données des banques traditionnelles. En d’autres termes, elles dépendent des relations que ces dernières entretiennent avec leurs clients. Et elles se les approprient pour développer des services qui prétendront être supérieurs. On comprend pourquoi il n’est pas besoin de beaucoup de dépenses en ressources humaines. Si on ajoute le fait que les néo-banques, lorsqu’elles s’attachent à offrir des crédits, le font en sous-traitant à quelques plateformes spécialisées les fonctions clés que sont le KYC assessment, l’analyse de risque, la constitution de notation à partir des informations bancaires (venant des banques traditionnelles) on ne peut qu’être inquiet et étonné. Si la banque n’est finalement qu’un agrégat de services sous-traités à des non-banquiers comment peut-elle se définir en tant que banque ? Une banque n’est-elle qu’un agrégateur ? Si un des sous-traitants dépose son bilan qu’adviendra-t-il des données qui lui ont été confiées. Si une plateforme de notation, cherchant à faire plaisir à ses clients, assouplit ses critères, que peut-on attendre des néo-banques concernées ? Pas davantage de sécurité que lors de la crise de 2008 quand certains régulateurs découvrirent que des notations hyperboliques avaient conduit au montage de produits « pourris ».

Ce sont des questions basiques que les régulateurs se posent « basiquement » depuis que l’idée de réguler le fonctionnement des banques est devenu une contrainte institutionnelle normale. La liberté du commerce est un sain principe mais dans le cas des banques, on a vu que cette liberté peut être dévoyée et ruiner des milliers d’épargnants. On a vu aussi que contraindre les banques à respecter des règles de gestion avait le mérite de mettre leurs clients à l’abri contre les fraudes et escroqueries diverses. On a vu que l’obligation de porter des fonds propres à un niveau suffisant non seulement protégeait les économies nationales contre les risques macro-économiques des défaillances de banque mais aussi conférait une garantie contre les risques de pertes subies par leur clientèle.

 

Retrouvez la suite de l’article ici

Par Pascal Ordonneau

Photo de M. Pascal Ordonneau

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Frais de courtage : un principe exclu du TAEG d’un crédit. (1/2)

Le Taux Annuel Effectif Global ou « TAEG » représente l’indicateur du prix global d’un crédit aux particuliers. Son calcul, déterminant, incombe au seul établissement de crédit prêteur. Une règle simple domine : entre dans le TAEG chaque coût qui correspond à une prestation exigée par le prêteur comme condition d’octroi du prêt. Mais les prêteurs ne font aucune différence entre les coûts du crédit en intégrant par principe tous ceux qui le touchent de près ou de loin. Telle est leur pratique erronée notamment pour la rémunération du courtier en crédit, alors que celui-ci est dans l’écrasante majorité consulté à la seule initiative de l’emprunteur.

En 2020, les tribunaux viennent de rappeler les banques à l’ordre, en réponse d’ailleurs à leurs propres demandes : les frais d’un courtier en crédit (ou « IOBSP ») sont exclus du Taux Annuel Effectif Global lorsqu’ils ne constituent pas l’une des conditions d’octroi du prêt. Le délai de rectification par toute une profession de ses pratiques non conformes présente un intéressant banc d’essai du respect du droit par les banques de détail françaises et de l’état de santé de ce marché.

Le taux d’usure représente le plafond du prix d’un crédit.

Depuis l’insondable nuit des temps du crédit, la question de la libre fixation de son prix fait l’objet de débats intenses. Quelle est la limite qu’un prêteur doit respecter dans sa demande de prix à l’emprunteur pour l’avance de fonds qu’il lui consent ? Le prix des crédits est plafonné. Il s’agit d’une exception notable au principe général de liberté des prix. Chacun sait bien que le seuil à ne pas dépasser s’appelle le taux d’usure. Il s’agit en vérité d’un terme simple en théorie, dont la réalité pratique est mal connue. En dessous du taux d’usure, le prix du crédit est légal ; au-delà, le prix du crédit est illégal et peut être sanctionné.

Pour mesurer le prix d’un crédit en regard du taux d’usure, il convient évidemment de déterminer ce qu’est le coût d’un crédit : d’évidence, les intérêts produits par le capital en font partie. Mais d’autres coûts s’y ajoutent.

Trois principales sources peuvent ainsi concerner le coût total d’un crédit :

  • Les intérêts, eux-mêmes calculés à partir du taux d’intérêt débiteur (ou nominal ou conventionnel) selon le temps passé à disposer des capitaux et par une méthode actuarielle.
  • Les coûts supplémentaires exigés par le prêteur comme préalable à l’accord de prêt : frais de dossier, assurances imposées (assurance de prêt, assurance habitation…), part sociale d’une banque coopérative par exemples. Ces coûts doivent être contractuellement exigés par le prêteur ; une simple « proposition commerciale » n’est pas l’une des conditions d’octroi du prêt (Cour d’appel de Rennes, 2e du 6 novembre 2020, n°17/03491).
  • Les coûts engagés à la seule initiative de l’emprunteur, dans le cadre de sa recherche du prêt. Ils ne sont pas exigés par le prêteur, ils sont donc facultatifs. Ils ne sont pas toujours connus du prêteur.

Le concept fixé pour calculer le coût global est un indicateur chiffré. Il s’appelle le Taux Effectif Global (TEG) et il est le Taux Annuel Effectif Global (TAEG) pour l’écrasante majorité des prêts aux particuliers (consommateurs).

Les taux d’usure ou plafonds des crédits varient selon différentes catégories de prêts et chaque trimestre.

Le taux d’usure est à rapprocher du TAEG, l’indicateur de coût d’un crédit.

Parmi toutes les possibilités de calcul du prix d’un crédit, le TAEG fixe un périmètre. Le Taux Annuel Effectif Global, ou « TAEG » désigne l’indicateur du prix global d’un crédit. En dépit de son appellation, ce n’est donc pas un taux. Le Droit fixe les coûts qui entrent dans le calcul du TAEG ; ces coûts réunissent trois conditions, cumulatives (articles L. 314-1 et L. 311-1, 7° du Code de la consommation) :

  • Ce sont des charges financières effectivement payées par l’emprunteur.
  • Leurs montants sont connus du prêteur au moment de l’émission de l’offre de prêt (ou peuvent être déterminés, ce qui revient à les connaître).
  • Ils correspondent à des services ou des actes exigés contractuellement par le prêteur pour obtenir le crédit (ou pour obtenir les conditions proposées par le prêteur).

Ainsi, seuls les coûts exigés par le prêteur aux montants connus et payés par l’emprunteur entrent dans le calcul du TAEG. Le TAEG posé s’est généralisé à tous les prêts aux particuliers (aux consommateurs) depuis 2016 dans toute l’Union européenne. Sa définition juridique actuelle diffère de la précédente, utilisée par les banques de 1967 à 2016, et est défavorable aux emprunteurs, bien évidemment.

Le TAEG assume donc deux principales fonctions :

  • Vérifier que le prix global d’un crédit ne dépasse par le plafond légal : le taux d’usure.
  • Permettre à l’emprunteur de comparer des crédits différents entre eux.

En dépit de la limpidité de ces principes, les banques françaises éprouvent manifestement les plus grandes difficultés à calculer les TAEG des prêts. Comme en témoigne un contentieux torrentiel, il est souvent utilisé comme ultime moyen de défense par les emprunteurs en difficulté avec le remboursement du crédit. Ce qui suscite une propagande bancaire étonnante : le TAEG serait trop obscur et trop raffiné. Comme toutes les fort ennuyeuses mesures de protection des consommateurs sans doute. En réalité, les banques françaises démontrent qu’elles sont incapables de maîtriser un processus industriel bien simple, pourtant précisément détaillé par la règle de Droit. Lassant les juges, l’abondant contentieux du TAEG tourne à présent à l’avantage des banques : petit à petit, la remise en cause judiciaire du TAEG erroné se restreint à la portion congrue, laissant ainsi toute latitude aux pratiques erronées des banques. Ce qui interroge même quant au principe fondamental de protection du consommateur de produits bancaires.

Retrouvez la suite de l’article : http://www.vademecum-patrimoine.com/?p=4272&preview=true

Par Laurent Denis

www.endroit-avocat.fr

Photo de M. Laurent Denis

Ouvrages de Laurent Denis aux éditions Arnaud Franel :
Réussir son crédit immobilier

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Qui veut la peau du billet
de banque ?

Les aventures du billet de banque finissent par avoir des côtés cocasses. Dans la plupart des pays développés, le billet de banque connait une régression régulière parmi l’ensemble des moyens de paiement. Il a été la victime des chèques, des virements, des prélèvements et enfin, des cartes de paiement. En France, où le chèque était devenu une sorte de « must » du moyen de paiement, un changement tout d’abord progressif a eu lieu. La carte bancaire en a pris la place, la fameuse carte bleue, avec sa puce et ses savonnettes commerçantes.

L’émergence de nouveaux moyens de paiement

Dans ce mouvement, reconnaissons que les pouvoirs publics n’ont pas été absents ou étrangers. Ils avaient, à l’occasion des réformes du système bancaire en 1967, favorisé l’ouverture de comptes en banque au profit des particuliers et donc l’usage des chèques contre l’usage du « cash », c’est-à-dire des billets de banque. Puis par une réglementation de plus en plus sévère et restrictive, les pouvoirs publics ont limité les paiements en liquide. A ce même moment, les paiements par carte bancaire furent stimulés. Pour lutter contre la fraude fiscale, contre le travail au noir, contre les activités dites « souterraines » et le blanchiment de l’argent, de la drogue et du terrorisme, les armes financières des pouvoirs publics, se sont multipliées… le plus souvent au détriment du billet de banque. L’arrivée des paiements en ligne serait-il le coup de grâce à cet antique moyen de paiement ? Continuer la lecture

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Quels placements suite à la crise du Covid ? (3/3)

Sur le temps long, l’objectif est de préserver son capital, soit pour soi, soit pour les générations futures dans le cadre d’une transmission à titre gratuit. Cette protection du capital passe nécessairement par une certaine diversification (tant en classe d’actifs que géographiquement). L’idéal est également de choisir des actifs peu corrélés entre eux, c’est-à-dire se comportant différemment face à un événement économique.  Continuer la lecture

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Quels placements suite à la crise du Covid ? (2/3)

Une des grandes leçons de la crise du Covid est la confirmation d’un engagement durable des États dans la vie économique et sociale. Ce facteur n’est pas nouveau mais ce phénomène s’est largement étendu à tous les pays de la planète. Même les très libéraux américains ont débloqué une aide sociale et un plan de relance. On peut considérer qu’il s’agit d’une tendance lourde et pérenne. Continuer la lecture

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Quels placements suite à la crise du Covid ? (1/3)

La crise du Covid était inattendue en raison de son effet massif et global, nécessitant l’arrêt quasi total de l’économie mondiale. Elle a eu des conséquences financières considérables, se transformant ainsi en crise économique. Face à cette situation, les décisions en termes de placement se complexifient, des interrogations émergent : où placer son argent en 2020 ? Continuer la lecture

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