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[TRIBUNE] : Le chômage et le risque de ne plus travailler (2/2)

Retrouvez la première partie de l’article ici: 

http://www.vademecum-patrimoine.com/2020/12/17/tribune-le-chomage-et-le-risque-de-ne-plus-travailler-1-2/

 

Une France devenant une sorte d’idiote du village planétaire

Non seulement notre pays est bien loin d’avoir trouvé la martingale sociale et éducative pour le XXIème siècle (et les réformes entrevues chez les Républicains seront bien insuffisantes pour nous permettre de nous ressaisir), mais plus ennuyeux encore nous devenons les idiots du village planétaire :

  • En important tout ce que nous n’avons plus le courage ou la capacité de produire, non seulement nous sommes devenus incapables de produire les ordinateurs ou les téléphones dont nous sommes tellement friands, mais les voitures, les produits alimentaires de base (œufs, poulets, porcs, poissons ou fruits et légumes) ou même les matériaux de construction sont désormais massivement importés alors que nous avions des positions hégémoniques il y a encore 15 ans dans ces domaines.
  • En « important » des travailleurs alors que nous ne voulons plus réaliser de travaux difficiles, salissants ou nous occuper du social (les maisons de retraite, les hôpitaux, pas plus que les chantiers ne pourraient fonctionner sans personnels d’origine étrangère).
  • En empruntant tous les jours 500 millions d’euros, non pas pour investir dans des programmes d’avenir (mais quelles sont les infrastructures dont nous manquerions aujourd’hui ?), mais pour assurer nos fins de mois sociales et les paies des fonctionnaires (ne parlons pas des retraites futures des fonctionnaires, aucunement provisionnées et qui ne pourront plus être payées si la finance mondiale cesse un jour de nous alimenter en argent frais).
  • En bloquant toutes les réformes d’envergure (retraite, code du travail, éducation) pour tenter de faire jouer les prolongations au XXème siècle.
  • En nous accrochant à des idéologies mortes ou muséifiées (le communisme, le socialisme, le capitalisme…).

Le travail aujourd’hui a totalement changé mais nous refusons de l’admettre

Nous ne sommes plus en 1960 quand le travail était massif et que les politiques économiques consistaient dans la répartition des parts (plus ou moins équitables) du « gâteau ». Le gâteau demain sera de plus en plus sec et de moins en moins bien réparti car désormais le travail est devenu tout à la fois :

  • Une prise de risques financiers dans un pays qui n’a globalement plus de cash (ou enfoui dans la pierre et les livrets d’épargne).
  • Un pari sur l’avenir dans un pays qui souhaite récolter avant de semer (la cagnotte dépensée avant même d’exister ou de prospérer).
  • Une mobilisation, sans cesse renouvelée, des ressources intellectuelles de chaque travailleur.
    Les pouvoirs publics, toujours à la recherche de gadgets sociaux, ont cru bon d’inventer « le droit à la déconnexion » alors que personne ne veut comprendre que c’est un engagement cognitif intense dont ont besoin les travailleurs et que le risque de laisser s’étioler notre cerveau est bien plus important que celui de trop le solliciter.
  • Un don de soi et une valeur en voie d’extinction avec les pseudos droits sociaux accordés à crédit par tous les gouvernements depuis 1981.

Le chômage de masse perdurera donc tant que nous ne nous interrogerons pas sur le travail aujourd’hui, son rôle, ses compétiteurs (les loisirs mais aussi les pays laborieux et pauvres qui veulent s’en sortir) et que nous nous croirons éternellement bénis des dieux, protégés du monde derrière nos frontières (mentales, sociales, idéologiques ou physiques).

Par Didier Cozin

Photo de M. Didier Cozin

Ouvrages de Didier Cozin aux Editions Arnaud Franel :

ID Reflex’ Apprendre à apprendre
ID Reflex’ Entretien professionnel

 

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Les néo-banques, poissons-pilotes ou vraies banques ? (2/2)

Retrouvez la première partie de l’article ici 

On a insisté, dans la première partie, sur le caractère souvent fictif des qualités des néo-banques. Il faut maintenant s’interroger sur leurs rapports avec les vieilles banques et les ambiguïtés qu’ils comportent.

Les vieilles banques à la manœuvre : quelques doutes sur la disruption des néo-banques

S’agit-il ici de défendre « les institutions » contre les néo-banquiers ? En vérité, il faut rappeler que l’innovation dont se réclament ces derniers est très relative : les virements sont faits à une vitesse accélérée ? Tant mieux ! Mais comme le faisait remarquer un régulateur : encore faut-il que le donneur d’ordre soit lui-même à la hauteur de la technicité de l’opération. Lorsqu’il s’agit de 50 euros, l’erreur n’est pas trop grave… On parle d’innovation, mais, à un moment, lorsque la néo-banque devra exécuter les ordres de son client, usant de la monnaie émise et garantie par la Banque centrale européenne dans le cas de la zone euro, il faudra bien qu’elle se plie aux exigences de cette dernière quant à l’emploi de cette monnaie. On parle d’innovation mais l’essentiel de l’innovation en matière de paiement revient aux mesures dites SEPA et IBAN mises en place par l’ensemble des banques européennes.

Quant à la protection des utilisateurs, elle n’est pas si assurée. La défaillance, très grave, d’une néo-banque allemande, Wirecard a montré tous les dangers attachés à ce type d’organisme. Fraude, malversation, trucage des comptes, système informatique défaillant et obsolète. La fintech allemande a rassemblé toutes les tares comptables et financières qui auraient parfaitement illustré les escroqueries de la « banquière » Emma Eckhert, en France, au lendemain de la Première Guerre Mondiale. Peu après Wirecard, c’est une plateforme de microcrédit allemande, Monedo, qui faisait la une de la presse spécialisée. En Angleterre, c’est Ipango, qui a déposé son bilan. Parmi les causes : une insuffisance de fonds de roulement. En mots moins choisis, des fonds propres inexistants alors qu’à la base, la vraie garantie des clients repose sur l’importance de ces derniers.

La réponse à ces risques ? L’une est simple : leur rachat par les banques établies ?

Les néo-banques, des poissons-pilotes ?

Ces opérations sont nombreuses, une des plus marquantes en France fut le rachat de « compte Nickel » par Paribas.

Combien de néo-banques ont été créées dans un pur contexte de pures start-ups de la Finance ? Ou dit autrement, combien sont de « pure players » ? Cette question ne présente pas beaucoup d’intérêt pour deux raisons : des néo-banques lancées comme de véritables start-ups quand elles réussissent deviennent la proie des « vieilles banques ». Leurs initiateurs les cèdent volontiers parce qu’ils se rendent compte qu’un développement à marche forcée dans un milieu hypercompétitif va vite excéder leurs moyens financiers mais aussi humains et organisationnels. Deuxième raison : certaines de ces start-ups sont portées en avant par les « vieux acteurs » et en tirent ressources humaines et technologiques. Parfois elles permettent à ces vieux acteurs d’aller tester des formules sur le marché. Leurs « parrains » auront alors deux options. La première sera d’internaliser les solutions trouvées par les start-ups et de leur offre on line, la seconde, si le succès est vraiment très fort sera de les laisser se développer pour attaquer un segment de marché qui ne leur était pas accessible pour des raisons psychologiques ou culturelles : les jeunes qui ne veulent plus entendre parler des banques traditionnelles et qui veulent du neuf, des services qui leurs ressemblent, des langages qu’ils comprennent.

Des exemples qui se multiplient

On a donné en exergue de cette section l’exemple de BNP-Paribas qui s’est rapidement portée acquéreur du « compte nickel ». On peut prendre l’exemple de la Société Générale qui a multiplié les partenariats et les rachats.

Elle est même allée jusqu’à prendre le contrôle d’une plateforme de services aux néo-banques : Treezor, qui permet à ceux qui veulent créer leur banque de s’appuyer sur tous les services comptables, juridiques, règlementaires utiles. Elle a acquis un des vétérans de la banque en ligne : Boursorama bank. Elle a lancé plus récemment une néo-banque, Shine : « Grâce à Shine, les indépendants peuvent par exemple créer leur activité, créer leur statut de micro-entrepreneur et gérer tout un tas de démarches administratives dont notamment la facturation » (1). Dans le même esprit on trouve Prismea, la néo-banque du Crédit du Nord , filiale aussi de la Société Générale, à destination des professionnels.

Les néo-banques sont-elles dans ces conditions pour les vieilles banques un moyen élégant de résoudre le problème : trop de cols blancs, remplaçons-les par des robots ? ou des avancées que les banques préfèrent voir venir de l’extérieur ou des initiatives qu’elles préfèrent externaliser avant de leur donner tout leur lustre en les réinternalisant ?

La compétition est ouverte. Le vrai juge de paix se trouvera dans la capacité à traiter du crédit aux entreprises et de gérer en masse les prêts aux particuliers.

 

(1) Shine : comment la néo-banque française a été pensée pour les indépendants ? (siecledigital.fr)

 

Par Pascal Ordonneau

Photo de M. Pascal Ordonneau

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Les néo-banques, poissons-pilotes ou vraies banques ? (1/2)

La multiplication de ce qu’on nomme les néo-banques a quelque chose à la fois d’émouvant et d’inquiétant. Emouvant parce qu’enfin les grandes et massives organisations bancaires sont challengées par des « chevau-légers » de la banque et de la finance appuyées sur l’état de l’art en matière de technologie informatique et de communication pour développer une banque réactive, imaginative et proche des clients.

Inquiétant, parce que même si ces « néo » ne prennent place sur la scène bancaire et financière que dans le cadre de réglementations contraignantes destinées à protéger monnaies et utilisateurs de la monnaie, leur foisonnement, la concurrence qu’elles se portent entre elles et aux banques traditionnelles, comportent des risques élevés de dérives et de dévoiements à l’encontre des utilisateurs et des pouvoirs publics.

Les néo-banques, une espèce à croissance ultra-rapide

Les néo-banques se multiplient à une vitesse étonnante, c’est un fait incontournable. Le Journal du net citait une étude qui en identifiait 46 en Europe et 12 opérationnelles en France. Pour les néo-banques nées dans un pays « euro », le champ d’action géographique est naturellement « Euro-péen ». Mais, elles débordent souvent et, dans quelques cas, ont franchi l’océan. Elles visent en général les particuliers, les start-ups, les auto-entrepreneurs et les PME. Leurs prestations, en ligne, sont très basiques et se concentrent en général sur ce que le système classique qualifie d’opérations de caisse : compte en banque, carte de paiement, chèques, virements, prélèvements, et toutes informations les concernant. Elles ne prêtent que très rarement et n’offrent pas de produits d’épargne particulièrement innovants. Parce qu’elles sont modernes, innovantes et en ligne, elles ne recourent qu’à un nombre très réduit d’agents. Parfois moins d’une centaine alors qu’elles couvrent des zones géographiques fort larges.

Voilà, pensera-t-on, une remarque typiquement conservatrice ! Quelle importance, le nombre d’agents disponibles pour le fonctionnement de la néo-banque et la satisfaction de sa clientèle, puisque justement, son but est de se débarrasser des paperasses, ronds-de cuir et autres ralentisseurs d’actions, de financements et de paiements ? Il est certain que, vu sous cet angle, l’idéal serait certainement une banque conçue comme une version élaborée d’un « smart contract » ou mieux une DAO façon Ethereum. Plus de « Middle Men » qui ne sont pas des partenaires mais des empêcheurs de tourner en rond.

Valeur ajoutée fictive ou marketing hyperbolique ?

Il faut revenir aux réalités bancaires et à la valeur ajoutée des néo-banques avant d’envisager le pire. Les néo-banques sont-elles si « néo » que cela ? On peut dire sans se tromper que, dans la plupart des cas, les néo-banques sont une couche bancaire qui vient se superposer aux précédentes. Bien sûr, elles fonctionnent dans le cadre et selon les règles d’une directive européenne sur l’accès aux données des banques traditionnelles. En d’autres termes, elles dépendent des relations que ces dernières entretiennent avec leurs clients. Et elles se les approprient pour développer des services qui prétendront être supérieurs. On comprend pourquoi il n’est pas besoin de beaucoup de dépenses en ressources humaines. Si on ajoute le fait que les néo-banques, lorsqu’elles s’attachent à offrir des crédits, le font en sous-traitant à quelques plateformes spécialisées les fonctions clés que sont le KYC assessment, l’analyse de risque, la constitution de notation à partir des informations bancaires (venant des banques traditionnelles) on ne peut qu’être inquiet et étonné. Si la banque n’est finalement qu’un agrégat de services sous-traités à des non-banquiers comment peut-elle se définir en tant que banque ? Une banque n’est-elle qu’un agrégateur ? Si un des sous-traitants dépose son bilan qu’adviendra-t-il des données qui lui ont été confiées. Si une plateforme de notation, cherchant à faire plaisir à ses clients, assouplit ses critères, que peut-on attendre des néo-banques concernées ? Pas davantage de sécurité que lors de la crise de 2008 quand certains régulateurs découvrirent que des notations hyperboliques avaient conduit au montage de produits « pourris ».

Ce sont des questions basiques que les régulateurs se posent « basiquement » depuis que l’idée de réguler le fonctionnement des banques est devenu une contrainte institutionnelle normale. La liberté du commerce est un sain principe mais dans le cas des banques, on a vu que cette liberté peut être dévoyée et ruiner des milliers d’épargnants. On a vu aussi que contraindre les banques à respecter des règles de gestion avait le mérite de mettre leurs clients à l’abri contre les fraudes et escroqueries diverses. On a vu que l’obligation de porter des fonds propres à un niveau suffisant non seulement protégeait les économies nationales contre les risques macro-économiques des défaillances de banque mais aussi conférait une garantie contre les risques de pertes subies par leur clientèle.

 

Retrouvez la suite de l’article ici

Par Pascal Ordonneau

Photo de M. Pascal Ordonneau

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20e édition du Salon « Aux champs »

30 – 31 août 2017 Lisieux

Mercredi 30 et Jeudi 31 août se tenait à Lisieux (Normandie) le salon Aux champs, salon national des CUMA (Coopérative d’Utilisation de Matériel Agricole) qui se tient un an sur deux dans un département du grand Ouest.

Il accueille tous les professionnels du monde agricole, des constructeurs de matériels jusqu’aux organismes de formation, et Arnaud Franel y était naturellement présent pour rencontrer nos partenaires.

35 hectares d’exposition pour 190 exposants et 11 000 personnes, voilà ce qui attendait le visiteur, qu’il soit venu prendre des informations sur les nouvelles machines, chercher des idées de développement, ou rencontrer les acteurs du monde agricole, et cela constituait un lieu privilégié de partage et d’écoute des préoccupations de lecteurs potentiels.

 

Évènement incontournable pour les entrepreneurs en agriculture, ce rassemblement nous a permis de faire redécouvrir le Vademecum de l’entreprise agricole dans sa 10e édition, dont l’auteur est le Collectif du CER 60, premier réseau français d’associations de gestion et de comptabilité, qui compte 2776 clients du monde rural.

Nous remercions tous les participants à ce salon ainsi que nos fidèles lecteurs pour ces fructueux moments d’échange et de rencontre !

Les Editions Arnaud Franel

Découvrir ici l’ensemble de la collection Vademecum

 

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