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L’Art : une nouvelle approche de la gestion de patrimoine

L’Art : une nouvelle approche de la gestion de patrimoine

L’Art et les objets de collection peuvent-ils être considérés comme une solution d’investissement ? Réponse : oui mais non… En fait ce n’est pas le sujet.

 

 

 

L’Art n’est pas un actif comme les autres

Certaines initiatives venant du monde de l’Art ou de la finance ont tenté ces dernières années de présenter l’Art et les collections comme une solution d’investissement et se sont heurtées à l’incompréhension à la fois du monde de l’Art et du secteur financier. Continue reading “L’Art : une nouvelle approche de la gestion de patrimoine”

Benoit Coffin
Issu de l’Université de Zürich avec un Master en Marché de l’Art et titulaire d’un Master en gestion, Benoît Coffin met à profit sa double spécialisation depuis plus de dix ans en évoluant au sein de maisons de ventes internationales et de sociétés du secteur de la gestion d’actifs.

Livres de l'auteur

  • Le marché de l’Art : création et gestion d’une collectionLe marché de l’Art : création et gestion d’une collection
    Le Marché de l’Art est réputé pour être un milieu complexe auquel seuls quelques initiés ont accès. Ce livre s’attache à vous présenter le fonctionnement du Monde de l’Art et à vous apporter une approche complète qui étudie les enjeux patrimoniaux, économiques et fiscaux liés à la gestion du patrimoine… Lire la suite »
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Relance économique : quel timing pour postuler ?

Relance économique : quel timing pour postuler ?

A l’occasion du coaching d’un candidat la semaine dernière pour l’aider à optimiser sa recherche d’emploi, il a affirmé attendre que le marché reprenne pour accélérer ses démarches. La réflexion semble en effet légitime : dans un marché de l’emploi qui, dans son ensemble, tourne au ralenti, et où la sortie de crise semble proche, faut-il mieux se rendre visible et postuler sans attendre… ou patienter encore un peu ?

Le constat est simple. Les candidats à la mobilité professionnelle qui sont en poste ont reporté leur projet. Ceux qui sont sans emploi observent une baisse flagrante du nombre d’offres et attendent majoritairement des jours meilleurs. Cette frilosité généralisée se comprend. Dans le premier cas, pourquoi prendre le risque de quitter son entreprise si la situation n’est pas insupportable ? Dans le second, pourquoi passer beaucoup de temps à chercher et à postuler pour peu d’entretiens ? Autant s’affranchir d’un peu de frustration !

La réduction de la concurrence

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Frédérik Cousin
Passionné par le recrutement depuis plus de quinze ans, il fonde en 2016 le cabinet Refea. Cette agence française de recrutement et d’emploi accompagne les entreprises dans leurs recrutements en leur communiquant des conseils et des stratégies en termes de sécurisation de recrutement. Elle est aussi un acteur pour la formation des professionnels. Cabinet Refea : https://refea.fr/ En parallèle, il est auteur, professeur en techniques de recrutement, spécialiste de la gouvernance et administrateur. Hebdomadairement il tient une "Chronik" vidéo sur l'actualité des RH.

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Assurance-vie : rédiger une clause bénéficiaire adaptée et modulable 1/2

Assurance-vie : rédiger une clause bénéficiaire adaptée et modulable 1/2

L’objet de cet article est de donner des pistes de réflexion pour modifier sa clause bénéficiaire et pour en rédiger une plus adaptée, même si l’aide d’un professionnel de la gestion de patrimoine peut être certainement utile pour affiner la rédaction et la stratégie. Dans tous les cas, la rédaction de la clause bénéficiaire doit s’inscrire dans le cadre d’une réflexion globale sur le règlement de la future succession du souscripteur.

L’épargne des français investie par l’intermédiaire de contrat d’assurance-vie représente près de 1 700 milliards d’euros, soit 30 % du patrimoine financier des ménages.

Ce succès s’explique parce que l’assurance-vie cumule des avantages : épargne disponible à tout moment grâce à la faculté de rachat qui permet de récupérer son épargne en cas de besoin (pour la retraite notamment), et outil de transmission en cas de décès puisque l’épargne accumulée au sein du contrat revient à un ou plusieurs bénéficiaires déterminés par la clause bénéficiaire ; le tout dans le cadre d’une fiscalité privilégiée tant en terme d’impôt sur le revenu que de droits de succession.

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Paul André Soreau
Ancien notaire, conseil en gestion de patrimoine et associé fondateur de Altride Family Office (Altride.fr)

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  • ID Reflex’ Successions 2020 – 9e éditionID Reflex’ Successions 2020 – 9e édition
    Cette nouvelle édition du dépliant synthétique détaille tous les aspects de la succession pour bien préparer la transmission de son patrimoine. Extrait L’article ID Reflex’ Successions 2020 – 9e édition est apparu en premier sur Arnaud Franel Éditions. Lire la suite »
  • ID Reflex’ Régimes matrimoniaux et vie à deuxID Reflex’ Régimes matrimoniaux et vie à deux
    ID Reflex Regime Matrimoniaux présente tout ce qu’il faut savoir pour bien choisir et gérer son régime matrimonial. A jour des dernières règlementations. L’article ID Reflex’ Régimes matrimoniaux et vie à deux est apparu en premier sur Arnaud Franel Éditions. Lire la suite »
  • ID Reflex’ Transmission d’entrepriseID Reflex’ Transmission d’entreprise
    Bien connaître les règles de la transmission d’entreprise. L’article ID Reflex’ Transmission d’entreprise est apparu en premier sur Arnaud Franel Éditions. Lire la suite »
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Mon cher conseil : quels acteurs métiers pour quels besoins ? (1/2)

Mon cher conseil : quels acteurs métiers pour quels besoins ? (1/2)

Quand pendant plusieurs mois vous avez – à marche forcée, pour cause de covid ? – plus épargné que de coutume, la question de la bonne utilisation de votre argent se fait encore plus prégnante.

 

 

Les différents acteurs métiers pour vous aider

L’idée ici n’est pas de vous conseiller telle ou telle solution d’épargne ou d’investissement, mais de vous proposer un parangonnage des différents acteurs métiers qui pourrait vous y aider, selon vos attentes.

En effet, l’important à garder à l’esprit est le rôle que chacun peut endosser, et qui relève de la nature même de son statut. Vous les connaissez déjà, au moins de nom : les agents liés ou les salariés des compagnies d’assurance, les salariés des banques et établissements financiers, et les courtiers. La différence fondamentale entre les deux premiers et le troisième consiste en ce que ce dernier est en droit (un courtier/conseil, mandataire du client), quand les autres sont distributeurs d’un fabriquant de produits et de services.

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Céline Mahinc
Céline Mahinc est chef d’entreprise (Eden Finances), Conseillère en gestion de patrimoine indépendante, Membre de la Commission Entreprise (ANACOFI) ; Responsable organisation et co-organisatrice des » Conférences de l’Entreprise », évènements interprofessionnels sur le financement, le développement et l’accompagnement des entreprises ; Membre de la Commission LMP/LMNP (ANACOFI) ; Administratrice Anacofi Immo et responsable de la formation. Chargée de cours en Grandes Ecoles et Universités. Co auteur d’une étude approfondie sur le crowdfunding immobilier.

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La rivalité entre monnaies digitales souveraines et monnaies cryptées privées

La rivalité entre monnaies digitales souveraines et monnaies cryptées privées

L’aventure du bitcoin parle des prouesses d’une initiative disruptive pour faire jaillir un instrument radicalement nouveau. Pourquoi cette aventure ?

 

 

Il faut commencer par des considérations qui n’ont rien à voir avec la technologie ou l’informatique

Au-dessus du berceau du bitcoin se penchaient trois fées qui se nommaient : Anonymat, Minage, Cryptage. La crise de 2008 était passée par là. Les banques étaient discréditées ainsi que leurs dirigeants. Les idées américaines libertariennes qui avaient essaimé dans la Silicon Valley se sont alors concrétisées en propositions monétaires.

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Pascal Ordonneau
Pascal Ordonneau, banquier, a été DG et PDG de banques françaises, anglaises et américaines. Il est SG de l’Association « Iconomy ». Auteur d’une dizaine d’ouvrages parmi lesquels cinq livres d’économie et de finance, il est chroniqueur aux Échos, au Huffington Post et conférencier (monnaies cryptées et Allemagne).

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  • La monnaie : entre simplicité et humourLa monnaie : entre simplicité et humour
    La monnaie est un fait de société compliqué. Vous savez intuitivement beaucoup de choses sur la monnaie. On s’attachera ici à les rendre encore percutantes, à les relier aux grandes théories et à montrer que bon nombre de dictons ou formules lapidaires véhiculent des vérités économiques profondes. Il y aura… Lire la suite »
  • Des monnaies cryptées aux ICODes monnaies cryptées aux ICO
    Tout n'est pas "rosy" dans le monde des ICO. Si cette technique a séduit de nombreuses jeunes entreprises, elle a été aussi à l'origine de "flops" caricaturaux quand il ne s'agissait pas de pures arnaques. Cet ouvrage a pour ambition, s'adressant tant aux responsables d'entreprise qu'aux investisseurs, d'expliciter cette technique… Lire la suite »
  • Monnaies cryptées et blockchainMonnaies cryptées et blockchain
    Pour tout savoir sur les monnaies cryptées dont le Bitcoin, la plus célèbre d’entre elles, et sur la blockchain. L’article Monnaies cryptées et blockchain est apparu en premier sur Arnaud Franel Éditions. Lire la suite »
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Un gérant a des obligations, même s’il s’agit d’une SCI familiale

Un gérant a des obligations, même s’il s’agit d’une SCI familiale

Le gérant d’une société civile d’investissement doit rendre compte de sa gestion chaque année, même si tous les associés de la SCI sont de la même famille, a jugé la Cour de cassation.

 

 

L’obligation de rendre compte de sa gestion

Une SCI avait été constituée entre un couple et ses trois enfants. Après un redressement fiscal, les associés ont assigné le père de famille en vue de sa révocation en tant que gérant au motif qu’il n’avait pas rendu compte annuellement de sa gestion.

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Gérard Blandin
Gérard Blandin est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et titulaire d’une maîtrise en sciences économiques, il compte trente ans d’expérience des marchés. Il a dirigé les rédactions de plusieurs hebdomadaires financiers et, en tant que chef d’entreprise ou administrateur de société, a réalisé plusieurs opérations de fusion et acquisition. Apprécié pour ses qualités pédagogiques, il a publié différents ouvrages qui font référence et notamment le Dictionnaire de la gestion collective dans cette collection.

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Entreprises et santé : comment évaluer correctement les coûts de la non-santé

Entreprises et santé : comment évaluer correctement les coûts de la non-santé

 

On dispose de nombreuses études de micro-économie sur les coûts de tel ou tel problème (le stress, les TMS, etc.). Mais les études de macro-économie sont plus rares et différentes approches existent pour estimer les coûts des accidents et des maladies liés au travail. Existe-t-il une méthode de référence ?

Un rapport de 2019 de l’Agence européenne de la Santé et de la Sécurité au travail (AESST) permet d’y voir plus clair. Globalement, cette agence estime que les altérations de la SST représentent 3,3 % du PIB en Europe. Elle a souhaité analyser ces coûts de façon plus détaillée.

Deux grandes approches

La première approche nommée « bottum-up » consiste à sommer différentes catégories de coût :

– coûts directs : soins payés par les différents acteurs assurantiels et les personnes.

– coûts indirects : pertes de performance, absentéisme, incapacités, coûts de gestion, coûts des remplacements.

– coûts humains et sociaux (dits intangibles) : perte de qualité de vie monétisée.

Une seconde approche « top-down » part d’une double estimation. Celle du fardeau des maladies et celle de la part de celle-ci attribuable aux facteurs professionnels. Cette approche utilise le concept d’années de vie perdues par décès, incapacité ou mauvaise qualité de vie. Elle est promue par l’OMS sous l’acronyme DALYs. Plusieurs études internationales permettent d’estimer la contribution du travail au fardeau global des maladies.

Trois méthodes économiques ont été utilisées pour monétiser une année de vie de mauvaise qualité :

– la méthode du capital humain

– l’approche par le consentement à payer

– la valeur économique d’une année de vie.

Application à cinq pays

L’AESST a appliqué ces deux démarches à quatre pays : Allemagne, Finlande, Italie, Pays-Bas et Pologne. Le critère principal de ce choix est que ces pays disposent des données de qualité permettant d’appliquer les deux approches méthodologiques.

Les calculs ont tenu compte autant que possible de la vraisemblable sous-déclaration des maladies et des accidents en utilisant les enquêtes européennes sur le sujet.

Dans la première approche, les coûts directs varient selon les pays de 4 à 10 % du total, les coûts indirects de 45 à 72 % et les coûts intangibles de 20 à 51 %. Ces coûts sont d’abord supportés par les travailleurs (autour de 65 %), puis les employeurs (autour de 20 %) et enfin la collectivité (autour de 15 %).

Dans la seconde approche, les résultats varient beaucoup selon la façon dont est valorisée l’année de vie. Les résultats les plus proches de l’approche « bottum-up » sont fournis par la monétarisation des années de vie.

Quelles implications ?

L’AESST ne prend pas position sur l’approche à privilégier parce qu’il y a encore trop d’incertitudes dans les différentes estimations.

De mon point de vue, outre l’intérêt pédagogique de ce travail (les données économiques étant souvent prises pour des vérités absolues sans recul critique), je retiendrais deux points.

Le premier pour s’étonner qu’un domaine aussi important pour la santé humaine comme pour la santé économique des pays soit si peu évalué. Peu de pays disposent des données nécessaires pour le faire.

Le second, pour constater que l’approche « bottum-up » permet une ventilation des coûts selon les acteurs. Que les coûts de la non-santé au travail soient d’abord et majoritairement supportés par les travailleurs eux-mêmes est une donnée que je n’avais jamais vu expliciter. Dans l’argumentaire en faveur de la prévention, elle mérite d’être soulignée.

 

 

Par le Professeur William Dab

Photo de W. DAB

Ouvrages de William Dab aux éditions Arnaud Franel :
ID Reflex’ Santé et entreprises
La santé et le travail 2e édition

William Dab
Titulaire de la chaire d’Hygiène et Sécurité Cnam – Malakoff Médéric, il travaille également au Laboratoire MESuRS (Modélisation, épidémiologie et surveillance des risques sanitaires EA 4628). Il est par ailleurs coordinateur du Réseau francophone de formation en santé au travail.

Livres de l'auteur

  • ID Reflex’ Épidémies et pandémiesID Reflex’ Épidémies et pandémies
    Des recommandations claires, non-anxiogènes, pratiques et accessibles à tous, en 16 fiches. L’article ID Reflex’ Épidémies et pandémies est apparu en premier sur Arnaud Franel Éditions. Lire la suite »
  • La santé et le travail 2020 – 3e éditionLa santé et le travail 2020 – 3e édition
    L'ouvrage traite de la place de la santé au travail, entre atout et contrainte pour les entreprises. A la fois didactique et critique, l'ouvrage ne se contente pas d'expliquer : il interroge, fait s'interroger et fournit de nombreux principes d’action aux acteurs concernés. Il s’agit de la 3e édition mise… Lire la suite »
  • ID Reflex’ Santé et entreprisesID Reflex’ Santé et entreprises
    Ce dépliant fournit aux managers des clés leur permettant de mieux jouer leur rôle vis-à-vis de la santé de leurs collaborateurs.  A l'unité : 7, 10 € (3,10 € + 4 € DE FRAIS DE PORT)  Lot de 10 dépliants : 29,30 € (PORT : 0,01 €) L’article ID Reflex’… Lire la suite »
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Pourquoi certains objets deviennent-ils des collectors ?

Pourquoi certains objets deviennent-ils des collectors ?

 

Tout le mobilier qui vous entoure n’a pas nécessairement de valeur patrimoniale. Bon nombre d’objets que vous possédez subissent les affres de l’usure et des changements de mode pour finir par être remplacés, jetés ou revendus à une somme bien en deçà de leur prix d’achat. Comment se fait-il que certains biens connaissent un destin bien moins funeste et voient leur valeur non pas diminuer, mais s’apprécier avec le temps ?

 

Élasticité de l’offre

Le marché se scinde en deux : d’un côté les biens dont l’offre est élastique voient le volume des transactions augmenter ou diminuer sans pour autant constater de fortes variations de prix (IKEA produira des étagères Billy tant qu’il y aura de la demande) et les objets d’exceptions (une commode B.V.R.B.), dont l’offre n’est pas élastique, voient leur prix augmenter au fur et à mesure que la demande augmente.

Ancienneté

L’objet courant connaît généralement une baisse de valeur constante au cours de son cycle de vie, engendrée par son obsolescence, son usure et l’arrivée de nouveaux modèles sur le marché.

L’objet d’Art ou de collection subit, lui, un phénomène d’obsolescence inversée : plus il est ancien, plus il a tendance à prendre de la valeur. Il en va ainsi du vin, des œuvres d’Art, des automobiles, des meubles et des livres les plus anciens. Tous les records du monde appartiennent à l’histoire de leur spécialité. Que ce soit le Salvator Mundi de Léonard de Vinci vendu par Christie’s en 2017 pour 450 millions de dollars ou une Ferrari 250 GTO de 1962 qui bat le record du monde pour une automobile de collection en 2018 pour 48 millions de dollars.

Mimétisme et spéculation

Lorsque la confiance des acheteurs dans leur propre opinion est relativement faible, ces derniers ont tendance à abandonner leurs convictions au profit de la tendance dominante. Il en va de même des nouveaux acheteurs qui, en entrant sur le marché, adoptent un comportement moyen en achetant des “valeurs sûres” en attendant d’être suffisamment à l’aise pour faire ses propres choix.

Dans les deux cas, les acheteurs sont davantage réceptifs au bruit médiatique. Celui-ci a pour effet d’exagérer, par sensationnalisme, les événements du marché (ventes records ou chute soudaine de la cote) pouvant engendrer des mouvements d’euphorie (FOMO : Fear of Missing Out) ou de panique parmi les acteurs du marché les moins avertis.

En abandonnant son propre jugement, l’acheteur ne joue plus son rôle de validateur de la qualité des objets qui lui sont présentés. Il va même survaloriser la position dominante, créant ainsi un décalage entre valeur fondamentale et valeur financière. Le marché devient alors spéculatif.

Élasticité inversée et effet Veblen

Autre particularité des œuvres d’Art et objets de collection : leurs demandes peuvent connaître un phénomène d’élasticité inversé, nommé effet Veblen. Pour ces biens : plus le prix est élevé, plus la demande augmente et inversement plus le prix est faible, plus la demande diminue. Autrement dit : plus c’est cher et mieux cela se vend.

Ce phénomène s’explique par le fait qu’un prix élevé d’un bien augmente son prestige. Une notion de prestige qui est d’autant plus vrai lorsque l’objet réalise un record du monde lors de sa vente. En acquérant l’objet, l’acheteur enrichit son patrimoine mobilier autant qu’il développe son capital social. À l’inverse, un prix trop faible renvoie l’image d’un objet de piètre qualité, voire suspicieux, pour lequel il n’existe pas de réelle demande. Dans les deux cas, le prix n’est plus la conséquence de la demande, mais la demande devient la conséquence du prix.

 

Photo de M. Benoit Coffin

 

Ouvrage de Benoit Coffin aux éditions Arnaud Franel :
Le marché de l’Art

 

Benoit Coffin
Issu de l’Université de Zürich avec un Master en Marché de l’Art et titulaire d’un Master en gestion, Benoît Coffin met à profit sa double spécialisation depuis plus de dix ans en évoluant au sein de maisons de ventes internationales et de sociétés du secteur de la gestion d’actifs.

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Entreprises et santé : attention au Blue Monday !

Entreprises et santé : attention au Blue Monday !

 

Même si le « blue Monday » est une invention de publicistes, ce jour soi-disant le plus déprimant de l’année incite à réfléchir aux relations entre la santé mentale et le travail.

 

Une proposition pseudo-scientifique

Pour arriver à la conclusion que le troisième lundi de janvier était le jour le plus sombre de l’année, un cabinet de marketing a imaginé une équation comportant des variables comme la météo, l’endettement, le deuil de la période des fêtes de fin d’année, le niveau de motivation et le besoin d’agir. Le cabinet s’est arrangé pour obtenir une caution académique.

En fait, de besoin d’agir, bien difficile à quantifier, comme les autres variables d’ailleurs, il s’agissait d’inciter à partir en voyage. Le slogan était promu par un voyagiste. On remarque que la vie au travail ne rentre pas en considération dans ce soi-disant diagnostic émotionnel. Et c’est une grande erreur.

La double face du travail

« Le travail est bon pour la santé mentale, mais des conditions négatives peuvent entraîner des problèmes de santé au niveau physique ou mental. » Cette affirmation de l’OMS rejoint mon dernier billet. « La dépression et l’anxiété ont un impact économique important : on estime à 1000 milliards de dollars (US) par an le coût de la perte de productivité qu’elles entraînent pour l’économie mondiale », poursuit l’OMS.

Les facteurs professionnels qui peuvent altérer la santé mentale sont bien connus. Leur importance varie évidemment selon les personnes. On pense bien sûr au harcèlement et aux brimades, mais aussi à la charge de travail, au manque de reconnaissance du travail bien fait, à la discordance entre les missions attribuées et les moyens disponibles et les compétences pour les réaliser. D’autres facteurs sont protecteurs : la bienveillance, l’explication du sens des missions, la capacité d’écoute, les liens de solidarité. Tous ces facteurs sont de nature organisationnelle.

De façon intéressante, l’OMS souligne comme je l’ai fait dans mon précédent billet, que le chômage est un facteur de risque pour les problèmes de santé mentale alors que le retour au travail ou l’obtention d’un emploi sont des facteurs de protection. Un constat partagé par l’OIT.

Quelles solutions ?

Il existe de nombreuses mesures efficaces pour améliorer la santé mentale dans le milieu du travail et nombre de ces actions seront également bénéfiques pour la productivité. L’OMS a calculé que chaque dollar investi dans la prise en charge des troubles mentaux courants se traduit par des gains de 4 $ US en matière de santé et de productivité.

La prévention primaire consiste à réduire les facteurs de risque liés au travail, en veillant notamment à la qualité organisationnelle.

La prévention secondaire vise à repérer précocement les troubles mentaux pour en réduire la gravité.

La prévention tertiaire permet de faciliter le retour au travail.

Tout ceci justifie que les risques psychologiques soient inclus dans les démarches d’évaluation des risques professionnels. Et pas seulement le 17 janvier !

 

Par le Professeur William Dab

Photo de W. DAB

Ouvrages de William Dab aux éditions Arnaud Franel :
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La santé et le travail 2e édition

William Dab
Titulaire de la chaire d’Hygiène et Sécurité Cnam – Malakoff Médéric, il travaille également au Laboratoire MESuRS (Modélisation, épidémiologie et surveillance des risques sanitaires EA 4628). Il est par ailleurs coordinateur du Réseau francophone de formation en santé au travail.

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Entreprises et santé – Covid-19 : un accélérateur de la santé au travail ?

Entreprises et santé – Covid-19 : un accélérateur de la santé au travail ?

Nombreuses sont les implications managériales dues à l’épidémie de Covid-19, notamment avec l’explosion du télétravail. Le 2 août 2021, un accord national interprofessionnel (ANI) sur la santé au travail a été conclu en vu de réformer celle-ci. En quoi cette épidémie change-t-elle la façon de concevoir la santé au travail dans les entreprises ? Si elle ne modifie pas les fondamentaux de la prévention, cette épidémie, de par son importance et sa durée, a des implications pour toutes les entreprises, quelle que soit leur taille. Les situations de crise sont toujours des révélateurs et des amplificateurs des forces et des faiblesses des organisations. Bien analysées, elles peuvent servir à renforcer la solidité et la pérennité des entreprises.

Quelques points marquants de l’ANI

Sans entrer dans les détails de l’accord, certains points méritent d’être relevés.

  • Une demande que les actions de prévention soient insérées dans les process de production avec une santé au travail décloisonnée, poursuivant des objectifs concrets, des actions durables et une culture partagée.
  • Une prévention qui ne repose pas sur des injonctions et qui est guidée par un retour mesuré sur investissement.
  • Un équilibre entre la responsabilité individuelle et la responsabilité organisationnelle.
  • Une logique de branche pour accompagner les TPE, PME et ETI.

 

Qu’est-ce que l’épidémie change ?

Avant tout, il faut réaliser que cette crise a induit une forte incertitude individuelle et collective ainsi qu’un sentiment de vulnérabilité d’autant plus marqué que depuis deux ans, les mesures de privation des libertés ont entravé les liens sociaux extraprofessionnels.

Il s’ensuit une forte demande de protection alors que l’État est pris en défaut dans sa capacité à gérer correctement ce risque épidémique. Dès lors, cela crée une attente vis-à-vis de l’entreprise qui devient une ressource de lien social. Quand l’entreprise protège et rassure, elle suscite un engagement. Cela cimente le collectif et crée une confiance qui est gage de performance. Les entreprises qui ont su mettre en place des mesures de prévention de la contagion en récoltent les résultats y compris en termes d’absence au travail et de dialogue social.

Les entreprises et leur management peuvent refuser ce rôle. La pression de changement était déjà bien assez grande avant l’épidémie : « on ne peut pas en rajouter ». Cette attitude est compréhensible, mais cette contrainte peut aussi être considérée comme une opportunité. Car une entreprise solidaire et bienveillante, cela laissera des traces positives. Beaucoup sont lassés du télétravail précisément parce qu’ils ont besoin de liens humains et que l’entreprise en est une des seules sources actuellement.

 

Quelles implications ?

Il est désormais clair pour tout un chacun qu’on ne reviendra pas totalement à l’organisation antérieure à la Covid-19. Des changements sont irréversibles : le télétravail partiel sera la norme partout où cela est faisable ; la protection de la santé sera un souci permanent.

La confiance doit devenir l’objectif premier du management. Sans elle, le fonctionnement ne peut pas être optimal. C’est pourquoi l’implication des managers en santé au travail est cruciale, des cadres dirigeants aux managers de proximité. Les managers devront concilier l’impératif de production et l’impératif de protection.

Les entreprises doivent renforcer leurs capacités d’évaluation des risques et former d’urgence leurs managers pour qu’ils assument explicitement leur rôle de protection. Pour rassurer et protéger, il faut savoir où sont les sources de danger, leur fréquence, leur gravité et leur niveau de maîtrise. C’est la condition première de la confiance.

Plus personne ne peut considérer que la prévention n’est qu’une obligation légale imposée de l’extérieur. Cette crise aura au moins un aspect positif : faire de la santé une variable stratégique pour les entreprises, quelle que soit leur taille.

Ainsi, il se pourrait bien que cette épreuve, en améliorant la façon dont la question des risques sanitaires est prise en compte, permette aux entreprises de se renforcer et de développer leurs capacités de résilience, d’agilité et d’innovation.

 

Par le Professeur William Dab

Photo de W. DAB

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Quels sont les nouveaux critères de choix des candidats à l’emploi ?

Quels sont les nouveaux critères de choix des candidats à l’emploi ?

 

Les confinements ont laissé le temps aux salariés de se poser les questions fondamentales : est-ce que mon métier me plaît ? Si je devais changer, que ferais-je ? Cette réflexion a été menée dans un contexte anxiogène, ce qui pour certains a induit un travers dans la conclusion. Se reposer les mêmes questions quand tout va bien mène à des conclusions souvent différentes. Il reste que cette latitude à se remettre en question a contribué à faire évoluer les mentalités et les attentes des collaborateurs dans le choix de leur prochaine aventure professionnelle.

Alors qu’est-ce qui a changé ?

Depuis quelques années, le monde des RH parle de bien-être au travail, et cela s’amplifie sous la pression du marché de l’emploi. Les entreprises sont de plus en plus réceptives à cette notion d’autant plus que recruter est complexe, compliqué, long, risqué et représente un investissement conséquent. Fort de cette tendance, les candidats ressentent cette position de force et en profitent pour augmenter leur niveau d’exigence avant de se décider. D’autant que selon différentes études, 45% à 50 % des salariés songent à changer d’entreprise.

Quelles sont les principales attentes des candidats actuellement ? Comment les séduire ?

Selon la dernière étude de Monster, les critères les plus décisifs sont dans l’ordre :

– Le télétravail
– La flexibilité des horaires
– La formation

A écouter les candidats, j’ajouterais la distance ou temps de trajet. Par exemple, en Ile-de-France et dans les grandes villes françaises, la durée de trajet domicile / travail maximum tolérée était d’une heure. Actuellement, il n’est pas rare d’entendre 30 minutes maximum, voire parfois moins ! J’ai même entendu « au plus loin la ville d’à-côté ». En grande banlieue parisienne et en province, avec le coût du carburant, la distance devient un véritable sujet et la zone d’acceptation diminue drastiquement. Toujours selon cette étude, de plus en plus d’entreprises fléchissent leur niveau d’exigence. Par exemple, ceux qui butinent de poste en poste tous les ans, voire moins, que j’appelle les les globejobers, ne sont plus écartés systématiquement. De même, les recruteurs sont plus compréhensifs avec les candidats qui présentent de longues périodes sans activité.

Maintenir son niveau d’exigence

En tant que professionnel du recrutement, j’attire l’attention des recruteurs qui se laisseraient tenter par cette tendance. En effet, par expérience, il est préférable de laisser un poste vacant, quitte à ralentir l’activité, que de compter sur un collaborateur qui ne sera pas à la hauteur, ou pire, qui abimera la qualité de service ou la réputation de votre société. La rémunération est et sera toujours un sujet. Quel salarié ne souhaite pas gagner plus ? Je n’en connais pas ! Et vous ? Dans les faits, il est rare qu’un candidat ne demande pas une augmentation de salaire, même démesurée, souvent injustifiée.

Le sujet de la rémunération est vaste. Il fera l’objet d’une chronique à part entière. Du côté des entreprises, à défaut de pouvoir intégrer facilement et rapidement de nouveaux collaborateurs – comme avant – les employeurs réfléchissent et améliorent les conditions de travail, ainsi que les promotions internes, pour les fidéliser le plus longtemps possible et en parallèle en faire des avantages concurrentiels pour en attirer de nouveaux.

Améliorer la qualité de vie au travail

D’ailleurs, certaines grandes entreprises françaises ont crée la fonction d’Happy Officer, censée œuvrer pour améliorer la Qualité de Vie au Travail. Ce phénomène ralentit la mobilité professionnelle. Les candidats restent plus longtemps dans leur société parce qu’ils se sentent mieux et aussi, à défaut de trouver mieux. Alors chers recruteurs, comme je le répète régulièrement, vous devez prendre conscience et accepter ces changements de paradigme. Vous devez vous adapter à cet état de fait, malgré vos convictions. Vous devez innover dans votre organisation, dans votre style managerial, dans vos processus de recrutement ainsi que dans la valorisation de votre marque employeur, si vous souhaitez diminuer le turn over et recruter les meilleurs profils. Nous pouvons en discuter ensemble. Et maintenant, à vous de réussir vos recrutements !

 

 

Photo de M. Frédérik Cousin

 

Ouvrage de Frédérik Cousin aux éditions Arnaud Franel :
Réussir son recrutement

Frédérik Cousin
Passionné par le recrutement depuis plus de quinze ans, il fonde en 2016 le cabinet Refea. Cette agence française de recrutement et d’emploi accompagne les entreprises dans leurs recrutements en leur communiquant des conseils et des stratégies en termes de sécurisation de recrutement. Elle est aussi un acteur pour la formation des professionnels. Cabinet Refea : https://refea.fr/ En parallèle, il est auteur, professeur en techniques de recrutement, spécialiste de la gouvernance et administrateur. Hebdomadairement il tient une "Chronik" vidéo sur l'actualité des RH.

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Entreprises et santé – Comment faire du télétravail un outil d’amélioration de la QVT ?

Entreprises et santé – Comment faire du télétravail un outil d’amélioration de la QVT ?

Ces dernières semaines, l’épidémie de Covid-19 remonte en flèche et à l’approche de Noël, les pays européens mettent en place de nouvelles restrictions. Le gouvernement conseille aux entreprises de favoriser au maximum le télétravail pour freiner l’épidémie, et renforcera à partir de janvier 2022 les mesures pour le porter à trois ou quatre jours minimum recommandés par semaine.

Quelles implications le télétravail a-t-il pour la santé et la sécurité des travailleurs (SST) et pour la qualité de vie au travail ? Et comment les employeurs devraient-ils réfléchir cette évolution en termes organisationnels ?

Des avantages et des inconvénients bien identifiés

Trois éléments sont à prendre en considération dans l’analyse des risques du télétravail :

  1. l’environnement de travail,
  2. le poste de travail,
  3. l’organisation du travail.

En ce qui concerne l’environnement de travail, il y a des facteurs favorables pour la Santé et la Sécurité au Travail (SST) : un temps de transport réduit (ce qui a aussi des avantages environnementaux), une souplesse dans la vie quotidienne et moins de temps perdu dans des réunions pas toujours productives. Mais il y a aussi des aspects moins favorables, notamment si le logement est petit, bruyant, mal ventilé avec une température trop élevée ou trop basse. La réduction de l’activité physique, le grignotage sont d’autres facteurs défavorables. Doivent également être pris en compte les éventuels polluants physiques, chimiques et biologiques qui peuvent exister au domicile comme sur les lieux de travail. De même que les accidents de travail (chutes, blessures…) si le logement est mal adapté.

En ce qui concerne le poste de travail, plusieurs risques peuvent être liés au fait qu’il n’a pas été pensé pour une activité professionnelle : risque électrique, risque ergonomique : trouble musculosquelettique (TMS), risque incendie.

En termes organisationnels, plusieurs facteurs interviennent. Si le télétravail peut être favorable à la conciliation entre la vie privée et la vie professionnelle, l’inverse est aussi possible avec un envahissement de la sphère privée par le travail. Il en est de même pour les risques psychosociaux, en particulier le stress qui peut être accru s’il faut garder les enfants en même temps que l’on travaille. L’isolement professionnel a aussi cette double face : il peut faciliter la concentration et la productivité, mais en dégradant le collectif de travail, il peut induire une perte de motivation, un manque de stimulation et donc une moindre performance.

D’autres aspects sont à considérer : la sécurité informatique, les réseaux domestiques étant moins sécurisés que les réseaux des entreprises. La confidentialité des données si l’ordinateur est partagé dans le foyer.

On peut penser que, le basculement en mode télétravail ayant été brutal en raison de l’épidémie et donc peu préparé, cela a plutôt accru les inconvénients. D’un autre côté, une durée de télétravail limitée à quelques semaines correspond à une durée d’exposition brève, ce qui a réduit les risques.

Comment optimiser le télétravail en termes de risques ?

En toute logique, l’activité de télétravail doit donner lieu à une mise à jour du document unique d’évaluation des risques. Ainsi, les expositions aux risques physiques, chimiques, biologiques et psychosociaux doivent être cotées en fréquence, gravité et degré de maîtrise.

Cela est indispensable, mais n’est pas suffisant. Car le télétravail a des implications managériales. C’est la notion même d’encadrement qui doit être réfléchie dans ce nouveau contexte. Trop éloigné, il laisse les employés livrés à eux-mêmes, sans instructions précises avec une possibilité de perte de repères et de motivation. Trop tatillon, il devient exaspérant, inutilement stressant et intrusif. La confiance est ici centrale. Il y a un équilibre à trouver entre l’hyper contrôle et l’éloignement. Une logique de résultats est préférable à une logique de moyens qui se conterait de vérifier que les horaires de travail sont respectés. Des étapes devraient être définies de façon concertée avec des points réguliers organisés avec des ordres du jour précis. Dès lors, il est inutile voire contre-productif que le management exerce un contrôle obsessionnel du temps passé devant l’écran.

Les questions à se poser

Pour que le télétravail soit productif et bien vécu, plusieurs points devraient être vérifiés avant et pendant cette activité.

Avant la mise en place de cette modalité :

  • L’équipement informatique est-il bien adapté avec les logiciels nécessaires ? Les ressources numériques internes (messagerie, ressources documentaires, agendas partagés, etc.) peuvent-elles être accessibles en toute sécurité ? La connexion Internet a-t-elle les capacités suffisantes pour une communication à distance fluide ?
  • Une check-list des risques physiques, chimiques, biologiques et psychosociaux au domicile est-elle remplie ? En particulier, les situations de canicule sont-elles envisagées ?
  • Les contraintes du logement sont-elles identifiées ? Un poste de travail respectant les règles ergonomiques est-il disponible ?
  • Des recommandations d’hygiène de vie (sommeil, alimentation, activité physique, …) sont-elles fournies ?

Pendant le télétravail :

  • Un questionnaire hebdomadaire sur le vécu du télétravail, sa faisabilité au quotidien et les difficultés rencontrées devrait être proposé incluant une appréciation de la charge de travail effective (ni trop ni trop peu).
  • Les téléréunions doivent être programmées en bilatéral et avec les collègues concernés en concertant sur les horaires les plus favorables et en fournissant des ordres du jour précis.
  • Un échéancier de résultats à fournir est-il proposé ?
  • La possibilité pour les employés de déclarer leurs difficultés et problèmes est-elle organisée ?
  • La manager n + 1 est-il accessible en cas de besoin et selon quelles modalités ?

Ainsi, le télétravail n’est pas le travail habituel avec simplement une modalité différente. Pour qu’il soit fructueux et que les avantages l’emportent sur les inconvénients, il doit être organisé et suivi avec des procédures différentes de celles qui sont habituellement utilisées. C’est à cette condition que le télétravail peut effectivement contribuer à une amélioration de la qualité de vie au travail.

 

 

Par le Professeur William Dab

Photo de W. DAB

Ouvrages de William Dab aux éditions Arnaud Franel :
ID Reflex’ Santé et entreprises
La santé et le travail 2e édition

William Dab
Titulaire de la chaire d’Hygiène et Sécurité Cnam – Malakoff Médéric, il travaille également au Laboratoire MESuRS (Modélisation, épidémiologie et surveillance des risques sanitaires EA 4628). Il est par ailleurs coordinateur du Réseau francophone de formation en santé au travail.

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  • ID Reflex’ Épidémies et pandémiesID Reflex’ Épidémies et pandémies
    Des recommandations claires, non-anxiogènes, pratiques et accessibles à tous, en 16 fiches. L’article ID Reflex’ Épidémies et pandémies est apparu en premier sur Arnaud Franel Éditions. Lire la suite »
  • La santé et le travail 2020 – 3e éditionLa santé et le travail 2020 – 3e édition
    L'ouvrage traite de la place de la santé au travail, entre atout et contrainte pour les entreprises. A la fois didactique et critique, l'ouvrage ne se contente pas d'expliquer : il interroge, fait s'interroger et fournit de nombreux principes d’action aux acteurs concernés. Il s’agit de la 3e édition mise… Lire la suite »
  • ID Reflex’ Santé et entreprisesID Reflex’ Santé et entreprises
    Ce dépliant fournit aux managers des clés leur permettant de mieux jouer leur rôle vis-à-vis de la santé de leurs collaborateurs.  A l'unité : 7, 10 € (3,10 € + 4 € DE FRAIS DE PORT)  Lot de 10 dépliants : 29,30 € (PORT : 0,01 €) L’article ID Reflex’… Lire la suite »
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Réussir sa création d’entreprise

Réussir sa création d’entreprise

Il est courant d’entendre dire que la France est le pays de la complexité dissuasive pour les entrepreneurs et que l’on y rêve davantage de devenir fonctionnaire que start-upeur. Pourtant, aujourd’hui, les formalités administratives pour créer son entreprise peuvent être réalisées très rapidement.

Des démarches simplifiées

Ces derniers mois avec l’accélération de la digitalisation, les sites internet spécialisés dans les formalités juridiques de création d’entreprise sont désormais nombreux et les démarches peuvent se faire rapidement. C’est le cas par exemple pour immatriculer votre activité en passant par les journaux d’annonces légales en ligne.

Cette simplification des démarches est une avancée considérable, toutefois, elle ne doit pas vous éloigner du fil conducteur à suivre lors de la création de votre société. Une étude a montré que 52 % des entreprises qui ont été créées ferment leurs portes au bout de 5 ans pour différentes raisons, mais 38% seulement sont d’ordre économique : c’est dire si les paramètres à prendre en compte sont divers.

Bien réfléchir et structurer votre projet avant de se lancer reste une étape clé.

La possibilité d’effectuer la création de votre société à distance ne doit pas vous empêcher de mener une réflexion entrepreneuriale quant à vos motivations et à la rentabilité de votre business.

Parmi les étapes clés à respecter pour réussir sa création d’entreprise, on notera plus particulièrement :
• le statut juridique ;
• le marché et la différentiation concurrentielle ;
• la proposition de valeur ;
• la stratégie commerciale ;
• l’équipe ;

• le financement.

Préparer et structurer avant la création de la société son Business Plan rédactionnel et financier sont des étapes incontournables pour éviter des erreurs et maximise vos chances de succès… Sans oublier une grande dose de persévérance et volonté : il est par-dessus tout primordial d’être positif, un grand nombre d’entreprises ont réussi à prospérer, vous aussi vous pouvez y arriver en étant méthodique et rigoureux !

 

Par Jean Melki

Photo de M. Jean Melki

Ouvrage de Jean Melki aux éditions Arnaud Franel :

 

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Servicisation et Covid-19

Servicisation et Covid-19

Pénurie de matières premières, de composants, de matériels et de main d’œuvre, nouveaux modes d’organisation du
travail :  la crise de la Covid-19 a profondément bouleversé l’industrie manufacturière.

Une modification des conditions de travail

Cette crise a profondément changé la façon dont les entreprises produisent et a accéléré la demande de services : outils de visio-conférence pour travailler à distance, demande croissante de services numériques, recours accru au stockage dans le cloud afin de permettre la collaboration entre des équipes de plus en plus virtuelles, incertitude quant au taux d’utilisation des actifs productifs en raison des stop and go de la production, conséquence des restrictions sanitaires nécessaires pour juguler le virus.

L’impact sur la production

Dans ces conditions, comment les entreprises peuvent-elles ajuster les charges inhérentes à leurs outils de production dès lors que le volume de production lui-même n’est pas prédictible ?

C’est le paradoxe de cette crise : la plus forte relance de ces trente dernières années dans de nombreux pays, une demande accrue, et une production entravée par la désorganisation et la pénurie née de la crise de la Covid 19. Il suffit pour s’en convaincre de regarder le secteur de l’automobile dont les derniers mois ont été marqués par une pénurie de composants informatiques qui a entraîné des fermetures d’usines partout dans le monde. Pire encore, le secteur de l’aérien dont les avions sont restés cloués sur le tarmac pendant de long mois, avant d’entrevoir une reprise du trafic mise à mal par l’arrivée du nouveau variant omicron.

Qu’en est-il de la possession d’actif ?

La question se pose alors de la pertinence de la possession d’actifs dont les coûts pèsent d’autant plus lourdement dans les comptes des entreprises que leur productivité est entravée par la pandémie. Dans un environnement économique et sanitaire incertain, pourquoi acheter un actif alors que ce dont on a besoin, ce n’est pas l’actif, mais le service rendu par cet actif ?

Par ailleurs, les nouveaux modes d’organisation du travail ont créé une demande accrue pour les services numériques. La crise de la Covid 19 a définitivement été un accélérateur de croissance pour les entreprises de stockage et de services en ligne.

Flexibilité et servicisation

Alors, face aux défis nés de la crise de la Covid 19, les entreprises doivent s’adapter pour faire face à ce que l’on peut d’ores et déjà appeler « the new normal ». Elles doivent revoir en profondeur leur business model, le rendre plus flexible et plus réactif, afin d’être à même de mieux gérer leurs risques. Leur nouveau business model doit intégrer la servicisation, que ce soit dans leur façon d’utiliser les actifs ou dans la façon de distribuer leurs produits. Les atouts offerts par la servicisation sont la réponse la plus adéquate à la nécessaire flexibilité dont elles doivent faire preuve. La servicisation est la clé de la résilience.

Par Pascal Philippossian

Photo de M. Pascal Philippossian

Ouvrage de Pascal Philippossian aux éditions Arnaud Franel :
Leasing, servicisation et économie circulaire

Pascal Philippossian

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Dans l’organisation post-covid, quel(s) style(s) de management privilégier ?

Dans l’organisation post-Covid, quel(s) style(s) de management privilégier ?

 

La crise du Covid-19 a rendu nécessaire un recours massif et inédit au télétravail, et en premier lieu au télétravail à domicile. Pour rappel, le télétravail recouvre quatre formes différentes d’activité : à domicile, donc, mais aussi en déplacement, en télécentre (coworking) ou encore en réseau avec des collaborateurs situés sur d’autres sites. Quelle que soit sa forme en tout cas, le télétravail implique toujours une redéfinition des relations entre les membres de l’entreprise.

Le télétravail entre confiance et autonomie

La mise en place du télétravail suppose ainsi à la fois une confiance réciproque entre les collaborateurs et leur manager et une autonomie suffisante des premiers pour rester performants. Si la notion de responsabilisation caractérise ce nouveau mode d’organisation appelé dans le futur à coexister avec le travail sur site, dans “la vraie vie”, manager à distance est difficile. Et pas seulement pour les “chefs” attachés au présentéisme et inquiets de devoir “manager en aveugle”. Continue reading “Dans l’organisation post-covid, quel(s) style(s) de management privilégier ?”

Gérard Lelarge
Ex Directeur au sein d’un groupe bancaire international, il a été responsable Ressources Humaines pendant 20 ans, et est aujourd’hui consultant et professeur de RH et Management. Via sa structure GL FORMATION, société de conseil en Management et Ressources Humaines, il enseigne à l’Université et dans diverses écoles d’enseignement supérieur. Il conçoit et anime également des formations inter et intra-entreprises. Il est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages, dont certains traduits en anglais et en japonais, et de nombreux articles.

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Investir dans les montres de collection

Investir dans les montres de collection

Collectionner des montres n’est pas réservé à certains privilégiés. Il faut être passionné. Et comme toute passion cela nécessite de faire des choix. Il est possible de se lancer avec des moyens relativement modestes pour commencer et se constituer une belle petite collection. À l’origine il y a l’envie. En premier, une montre doit plaire.

Quels modèles de montres acheter ?

D’abord il faut se référer à son budget. Continue reading “Investir dans les montres de collection”

[TRIBUNE] Les diplômes, quels besoins et quel avenir dans le monde du travail ?

[TRIBUNE] Les diplômes, quels besoins et quel avenir dans le monde du travail ?

 

Que fait l’éducation nationale depuis 50 ans des 75 à 100 milliards d’euros que le pays lui octroie chaque année, sont-ils utiles à la Nation et aux entreprises ?

Les systèmes scolaires et universitaires ont dévissé en France après-68

Si jusqu’à la fin des années 60 (expansion et plein emploi) notre système éducatif était tendu vers l’activité, le travail, le développement des compétences des futurs travailleurs le système a dérivé par la suite pour au moins trois raisons

  • L’école s’est complu dans le misérabilisme éducatif. Le mauvais élève n’était plus un « cancre », victime de ses propres turpitudes (qui pouvait d’ailleurs se rattraper plus tard dans la vie comme le démontre la réussite sociale de nombreux autodidactes) mais une victime du système (de classe) un “élève en difficulté”, crucifiés par le système et la culture bourgeoise (cf. Bourdieu) et donc il avait vocation à être assisté (la société lui devrait plus tard commisération, indemnisation ou réparation).
  • L’école a renversé ses propres valeurs : embrayant sur un mai 68 iconoclaste et démagogue (les examens pour tous puis les 80 % de bacheliers), au lieu de mettre en avant le bon élève (un exemple pour des jeunes en mal de modèles) elle a assimilé le bon élève à un “fayot”, un “collaborateur” proche du pouvoir et des adultes qu’il convenait de rabaisser, de railler et même parfois de persécuter (le bouc émissaire dans une classe est souvent le bon élève, sérieux et travailleur).
  • L’école s’est transformée au fil des ans en une garderie pour la jeunesse : Dès les années 80, avec le traitement social du chômage, il s’est agi de transformer l’école en un asile social (sur le fronton de certaines écoles à Paris on lit encore “salle d’asile communale”). Le travail devenant rare (ou supposé tel) mais la crise temporaire (ça fait désormais 45 ans qu’elle dure), il fallait initier puis développer un système de “traitement social” pour le chômage. Ce traitement social(iste) du chômage instrumentalise l’intégralité du système éducatif en partant du principe qu’un jeune traînant ses fonds de culottes sur les bancs d’un lycée pro ou d’une fac coûterait moins cher qu’un chômeur indemnisé (ou un jeune en insertion donc avec un minimum de revenus).

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Didier Cozin
Didier Cozin est gérant de l’Agence pour la Formation Tout au Long de la Vie depuis 2006. Il est l’auteur de nombreux ouvrages et articles consacrés à la formation professionnelle.

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Société Civile Immobilière et taux d’usure

Société Civile Immobilière et taux d’usure.

Chaque trimestre les taux d’usure concernant les différents types de prêts sont recalculés par la Banque de France.
Pour rappel, le taux d’usure correspond au taux maximum légal que les établissements de crédit sont autorisés à pratiquer pour l’octroi d’un crédit.
Ces taux varient en fonction du type de prêt, et visent à protéger l’emprunteur d’éventuels abus. Ils sont calculés à partir des moyennes des prêts accordés le trimestre précédent, augmentées d’un tiers.

Continue reading “Société Civile Immobilière et taux d’usure”

Patrice Leleu
25 ans d’expérience dans le domaine bancaire. Conseiller financier puis expert financier et formateur consultant dans un grand groupe bancaire. Conception et dispense de sessions de formation. Domaines de prédilection : financement de l’immobilier, habilitation carte professionnelle assurance, droit bancaire, fiscalité, analyse patrimoniale. Formateur des conseillers spécialisés en immobilier. Auteur d’ouvrages et d’articles dans le domaine de la gestion de patrimoine. Aujourd’hui se consacre à la finance en indépendant.

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  • ID Reflex’ PER Plan Epargne RetraiteID Reflex’ PER Plan Epargne Retraite
    Ce dépliant décrit toutes les étapes, de la souscription d'un PER à son dénouement, avec tous les aspects pratiques et fiscaux. L’article ID Reflex’ PER Plan Epargne Retraite est apparu en premier sur Arnaud Franel Éditions. Lire la suite »
  • ID Reflex’ ViagerID Reflex’ Viager
    Véritable mode d’emploi, ce dépliant clair et complet présente toutes les connaissances nécessaires à la réussite de votre vente ou investissement en viager. L’article ID Reflex’ Viager est apparu en premier sur Arnaud Franel Éditions. Lire la suite »
  • Pack Épargne Retraite – 2021Pack Épargne Retraite – 2021
    Pack Épargne Retraite : Le PERCO, le PERP, Les contrats Madelin. L’article Pack Épargne Retraite – 2021 est apparu en premier sur Arnaud Franel Éditions. Lire la suite »
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Si cela ne vaut pas un sou, cela vaut-il un potin ?

Si cela ne vaut pas un sou, cela vaut-il un potin ?

Cet été, un orage éclatant sur l’ouest de Londres permettait à une équipe de recherches archéologiques de mettre au jour un «trésor» celte. Les premières datations font remonter les artefacts découverts au Ier siècle avant J.-C. Parmi les artefacts, 300 pièces identifiées comme des « potins gaulois ». S’agissait-il de monnaies ? Elles en avaient l’apparence puisqu’elles étaient rondes comme de bonnes et loyales monnaies divisionnaires. Elles étaient frappées comme on en avait pris l’habitude depuis le roi Crésus.

Des monnaies bien lourdes et de belles tailles en tout cas puisque les fameux potins sont d’un diamètre de 3 cm, en alliage de cuivre, étain et plomb. On considère habituellement que les potins étaient surtout produits dans le nord des Gaules. Une curiosité : les potins ornés sur une face d’un Apollon, sur l’autre d’un bateau en cours de chargement, venaient d’ateliers marseillais. Ils étaient frappés alors que la plupart des potins découverts sont coulés.

Les spécialistes anglais ont apparemment du pain sur la planche car il n’est pas certain que ces pièces aient été des pièces de monnaie au sens où nous l’entendons, c’est-à-dire des moyens de règlement dans le cadre de contrats formels ou d’échanges de tous les jours, sous l’œil bienveillant et vigilant d’un émetteur souverain.

La Gaule (et, a fortiori, les iles britanniques) dans les siècles qui ont précédé l’occupation romaine, n’était pas composée de tribus ou petits royaumes où les échanges monétaires étaient courants. L’or, l’argent et éventuellement l’électrum permettaient de conclure des traités, de payer des mercenaires et de régler des opérations de commerce international. A l’inverse, les monnaies en « vils métaux» pouvaient n’avoir d’autre utilité que celle d’offrandes ou de « trésors symboliques» dans des lieux sacrés.

Quel intérêt revêt une petite étude sur les « potins » ? Pourquoi ne pas leur concéder le statut privilégié de « monnaie » ? Tout d’abord pour les raisons qu’on a évoquées plus haut : si la Gaule n’était pas habitée par des peuplades incultes et sous-développées, si l’habileté industrielle et agricole de ses habitants était reconnue, si même, elle sut, pendant quelques temps, tenir la dragée haute à Rome et à ses légions, la pratique monétaire n’était en revanche pas son fort.

L’intérêt de ces « potins » est plus large : on aime, traitant de la monnaie, évoquer sa découverte aux temps anciens de la Grèce du VIe siècle à l’époque où les Lydiens inventèrent la monnaie « signée », c’est-à-dire des monnaies en or dont les caractéristiques « techniques » et fiduciaires étaient garanties par le souverain.

Il était des monnaies moins nobles. Pendant très longtemps, elles furent utilisées sous des formes diverses et des métaux variés. Le souverain ne s’en préoccupait pas, laissant à des corporations ou associations diverses le soin d’émettre ces monnaies et de les distribuer.

Les métaux dont elles étaient faites étaient fragiles, s’usaient très vite, les alliages se décomposaient. Au surplus, la production n’était pas homogène, poids, alliages, imageries pouvant largement différer.

Les potins n’étaient pas des monnaies au sens où nous l’entendons aujourd’hui : ils n’avaient pas de pouvoir libératoire et s’apparentaient à des jetons, des sortes de promesse de livrer des produits ou de les échanger sans que leur conversion répondît à des règles très précises.

Cela ne vaut pas un potin ? En tout cas, entre recevoir un potin et recevoir un Liard, le second, en Argent aurait été préférable. La preuve ? Il a duré plusieurs centaines d’années !

 

Par Pascal Ordonneau

Photo de M. Pascal Ordonneau

Ouvrages de Pascal Ordonneau aux éditions Arnaud Franel :
La monnaie entre simplicité et humour
Monnaies cryptées et blockchain
Des monnaies cryptées aux ICO

Pascal Ordonneau
Pascal Ordonneau, banquier, a été DG et PDG de banques françaises, anglaises et américaines. Il est SG de l’Association « Iconomy ». Auteur d’une dizaine d’ouvrages parmi lesquels cinq livres d’économie et de finance, il est chroniqueur aux Échos, au Huffington Post et conférencier (monnaies cryptées et Allemagne).

Livres de l'auteur

  • La monnaie : entre simplicité et humourLa monnaie : entre simplicité et humour
    La monnaie est un fait de société compliqué. Vous savez intuitivement beaucoup de choses sur la monnaie. On s’attachera ici à les rendre encore percutantes, à les relier aux grandes théories et à montrer que bon nombre de dictons ou formules lapidaires véhiculent des vérités économiques profondes. Il y aura… Lire la suite »
  • Des monnaies cryptées aux ICODes monnaies cryptées aux ICO
    Tout n'est pas "rosy" dans le monde des ICO. Si cette technique a séduit de nombreuses jeunes entreprises, elle a été aussi à l'origine de "flops" caricaturaux quand il ne s'agissait pas de pures arnaques. Cet ouvrage a pour ambition, s'adressant tant aux responsables d'entreprise qu'aux investisseurs, d'expliciter cette technique… Lire la suite »
  • Monnaies cryptées et blockchainMonnaies cryptées et blockchain
    Pour tout savoir sur les monnaies cryptées dont le Bitcoin, la plus célèbre d’entre elles, et sur la blockchain. L’article Monnaies cryptées et blockchain est apparu en premier sur Arnaud Franel Éditions. Lire la suite »
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Les quatre défis du crédit à la consommation

Les quatre défis du crédit à la consommation

Né en France au lendemain de la seconde guerre mondiale sous sa forme moderne, le crédit à la consommation a depuis accompagné la croissance économique et s’est développé en conjuguant innovations et adaptations. La période actuelle est propice à des transformations de ce produit financier utilisé par un quart des ménages français.

Quels sont les principaux défis ?

Un crédit à la consommation toujours plus digital dans le respect des données personnelles

Le crédit à la consommation est très lié au commerce dont le mouvement de digitalisation s’est fortement accentué avec la crise sanitaire ; les règles du jeu du commerce à distance sont exigeantes : le consommateur doit pouvoir réaliser son achat en une fois (sur le site ou l’application) et la vente se conclut immédiatement. Si l’achat se fait à crédit, ce dernier doit être mis en place très rapidement et de façon la plus simple possible, tout en respectant la réglementation. Un sacré défi technique.

Toujours plus de sécurité pour l’emprunteur

Signer un contrat de crédit est un engagement important pour un particulier. Ce dernier doit être parfaitement informé sur le produit auquel il souscrit ; il se trouve en situation de choix par rapport à plusieurs produits de financement qui lui sont proposés et il a parfois besoin de conseil. Comment s’assurer que l’emprunteur a bien toutes les cartes en main et qu’il choisit la solution la mieux adaptée à son besoin ? Un sacré défi relationnel.

Toujours plus de souplesse pour le consommateur

Les habitudes de consommation évoluent ; parmi elles, le paiement à l’usage remplace de plus la pleine propriété ; c’est le cas par exemple pour l’automobile avec les formules de location en lieu et place de l’achat du véhicule.
Comment innover et adapter la gamme de produits pour répondre à cette attente, tout en préservant les impératifs économiques et tout en respectant la réglementation ? Un sacré défi marketing.

Accompagner la transition énergétique

L’impératif d’une transition énergétique accélérée et d’une consommation plus responsable sont des sujets de premier plan. Le financement de la consommation a un rôle à tenir pour orienter le consommateur vers les produits les plus vertueux et lui proposer des solutions pour étaler dans le temps le coût de la transition.
Comment jouer ce rôle en partenariat avec toutes les parties prenantes (l’Etat, les collectivités, les distributeurs, les producteurs) ? Un sacré défi économique sociétal.

 

 

Par Rémi Legrand

Photo de M Rémi Legrand

Ouvrages de Rémi Legrand aux éditions Arnaud Franel :
Le crédit à la consommation

Rémi Legrand
Il est diplômé de Sciences Po Paris où il enseigne depuis 2006. Après des débuts dans l’audit, il devient consultant en stratégie et management. Spécialiste du secteur financier, il conseille des établissements bancaires européens, des banques centrales et des superviseurs de marchés.

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Un chantier pour l’avenir : le logement après les confinements

Un chantier pour l’avenir : le logement après les confinements

Parmi les nombreux constats qui auront pu être dégagés dans nombre de secteurs, pendant et après la période que nous venons de vivre, celui qui concerne la taille du logement est particulièrement frappant : celle-ci n’a en effet pratiquement pas changé depuis cinquante ans et a même eu tendance à se réduire puisque l’on construit aujourd’hui des trois-pièces dont la surface fait souvent moins de 60 m²… Mais comment vivre, dormir, éduquer ses enfants (se confiner…) dans un tel logement, prévu pour trois ou quatre personnes ?

Les inégalités de logement

Dans la plupart des pays d’Europe, la dimension des logements est nettement plus grande, 75 m² pour un trois-pièces est une moyenne (pour loger quatre personnes on considère qu’il faut trois chambres, c’est-à-dire quatre pièces).

La nécessité impérieuse de certaines évolutions (voire « révolutions ») est ainsi devenue flagrante au regard des nombreuses contraintes expérimentées physiquement et moralement par nos contemporains ces dernières semaines.

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Emmanuel Versini et Laurent Cirelli
Emmanuel Versini : Avec plus de 20 ans d’expérience dans l’immobilier, il est expert de la transaction, l’estimation des immeubles, l’expertise judiciaire et la promotion. Il a enseigné dans l’immobilier au Conservatoire des Arts et Métiers, à l’école des Professions Immobilières ainsi que dans l’enseignement supérieur. ____________________________________________________________________________________________________Laurent Cirelli : De formation juridique, il travaille dans l’immobilier depuis une trentaine d’années (plus particulièrement dans la transaction et la gestion locative) et est formateur en immobilier pour tout ce qui concerne la transmission du savoir, du savoir être et du savoir faire.

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