Les Français épargnent plus que la moyenne des autres Européens

Avec une part d’épargne correspondant à plus de 14% de leur revenu disponible brut mise de côté, les Français se positionnent dans le peloton de tête des « champions européens de l’épargne ». Les Luxembourgeois et les Allemands caracolent en tête avec respectivement 22% et 18 %. À titre de comparaison, la moyenne de la zone euro n’est que de 12,4 %.

La tendance

Ces dernières années, le taux d’épargne des Français est resté globalement stable, gravitant toujours autour de cette moyenne de 14 %. Actuellement, les Français mettent leur argent de côté. Le livret A et l’assurance-vie voient leurs encours en progression constante. Au demeurant, ces deux placements « préférés » des Français ne sont plus aussi rentables qu’ils purent l’être par le passé (que ce soit pour le livret A qui vient de passer à 0,5% ou les fonds en euros des assurances-vie qui pâtissent des taux négatifs). L’épargnant reste sécuritaire. « Le pouvoir d’achat des ménages allemands, supérieur à celui des français, les incite à économiser davantage », souligne Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Épargne.

Les possibles raisons, multiples, s’expliquent à la fois par des facteurs économiques mais également culturels.

En effet, « avec le vieillissement de la population, en France comme ailleurs, les ménages anticipent une baisse du taux de remplacement et donc des retraites plus faibles. Le besoin de constituer une épargne supplémentaire pour préparer celle-ci est donc plus important », selon le directeur de l’OEE (Observatoire de l’épargne Européenne). Le pourcentage des revenus consacrés à l’épargne des autres pays européens diffère, compte tenu des facteurs internes qui leur sont propres, comme le système de retraite ou encore la fiscalité. L’usage de l’argent liquide reste ancré, au titre qu’il est facilement accessible. Les liquidités et le niveau des dépôts sur les comptes courants et d’épargne sont élevés, dans un contexte de climat économique pour le moins morose. Les ménages ne sont pas enclins à prendre des risques. Les Français seraient tout à la fois prudents et soucieux de l’avenir (chômage, retraite, reprise de l’inflation). Seraient-ils pessimistes, en épargnant plus que la moyenne européenne ? Ceux qui redoutent l’avenir ont tendance à épargner davantage, même en période de hausse du pouvoir d’achat et malgré les aides qui vont dans ce sens.

Ils ont même eu tendance à mettre plus de côté ces deux dernières années.

Rajoutons le fait que l’épargne des Français est constituée pour une partie significative d’actifs immobiliers, d’où la hausse des prix des logements qui se ressent sur le taux d’épargne ramené au revenu disponible. Aujourd’hui, les placements privilégiés restent : les comptes courants, le livret A, l’assurance-vie et l’immobilier.
Pour finir, force est de constater qu’en période marquée par les mouvements sociaux, les revendications et les contestations, la crise sociale apparaît comme une raison supplémentaire expliquant la tendance à épargner. Dans ce contexte, gageons que la période de la Saint Valentin soit propice à un pic de la consommation, même s’il reste momentané !

 

Patrice Leleu

Photo de M. Patrice Leleu

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A propos de l'Auteur :
25 ans d’expérience dans le domaine bancaire. Conseiller financier puis expert financier et formateur consultant dans un grand groupe bancaire. Conception et dispense de sessions de formation. Domaines de prédilection : financement de l’immobilier, habilitation carte professionnelle assurance, droit bancaire, fiscalité, analyse patrimoniale. Formateur des conseillers spécialisés en immobilier. Auteur d’ouvrages et d’articles dans le domaine de la gestion de patrimoine. Aujourd’hui se consacre à la finance en indépendant.

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