Le risque de crédit d’une entreprise

Le risque de crédit mesure la probabilité qu’une dette ne soit pas remboursée. Il a une incidence directe sur les taux d’intérêt auxquels une entreprise peut emprunter.

Le risque de crédit peut être analysé sous deux angles :

  • Le risque de défaillance
  • Le risque de baisse de notation (downgrading)

Une baisse de la qualité de crédit entraîne inévitablement une baisse de la valeur des obligations émises. Les prêteurs exigeront naturellement une prime de risque plus élevée.

Lorsqu’on examine le risque de défaillance financière, trois concepts semblent similaires, voire synonymes, mais sont en réalité distincts. Ils sont souvent mal définis et confondus.

  • Le risque de liquidité
  • Le risque de solvabilité
  • Le risque d’endettement financier

Il est donc utile de les définir avec précisions.

La liquidité

La liquidité s’intéresse uniquement aux dettes à échéances courtes et immédiates (moins d’un an). Les actifs à court terme couvrent-ils les dettes à court terme ?

Un manque de liquidité est une menace existentielle pour l’entreprise à très court terme, elle nécessite des mesures drastiques comme une augmentation de capital ou un apport en comptes courants (et une meilleure gestion du BFRE).

Un prévisionnel de trésorerie établi avec sérieux facilite l’aide d’une banque avant la crise de liquidité. Il vaut mieux prévenir que guérir en matière bancaire.

Le risque de solvabilité (insolvabilité)

La solvabilité pose la question du poids de l’ensemble des dettes (dettes financières, commerciales, fiscales à court et long terme…) par rapport aux actifs.

La solvabilité globale incorpore l’ensemble des dettes et s’intéresse à la solidité de l’entreprise sur le court et long terme (sa capacité à rembourser l’ensemble des dettes). En cas de détresse financière, la solvabilité devient une préoccupation immédiate.

Le créancier cherche à savoir si les actifs couvrent l’ensemble des dettes et engagements hors bilan de la société.

Il peut se placer dans une optique de valorisation comptable des actifs ou bien opter pour une approche de valorisation de marché des actifs (ANR) ou bien encore considérer que l’entreprise est proche du dépôt de bilan et utiliser des valeurs liquidatives (ou prix à la casse)  

Une entreprise est donc solvable si :

  • Les actifs comptables > dettes globales (et éventuels engagements hors bilan)
  • Les actifs valorisés au prix de marché > dettes globales
  • Valeur liquidative ou à la casse des actifs (détresse financière) > dettes au bilan

Valeur à la casse ou à la découpe, c’est à dire que l’entreprise en difficulté immédiate est vendue actif après actif ou l’entreprise est rachetée par un concurrent en général à un prix très inférieur à celui du marché.

L’endettement financier

L’endettement financier mesure le poids des dettes financières (bancaires, associés, obligataires…) par rapport aux capitaux propres.

Il fixe des limites de tolérance dans deux directions :

LIMITES STRUCTURELLES

L’endettement, même s’il est indispensable pour le développement de l’entreprise, a des limites statiques ou structurelles (par rapport au bilan)

  • Taux d’endettement “Dettes /capitaux propres comptables” ne doit pas dépasser le seuil de 100 %
  • Les fonds propres doivent financer au minimum 20% des actifs de la société (critère de solvabilité)
  • Le but est de limiter l’effet de levier

Remarque : Le levier financier mesuré par le ratio « dettes financières nettes / valeur de marché des capitaux propres » est préférable si les données sont disponibles.

LIMITES DYNAMIQUES

L’endettement a ses limites dynamiques (par rapport à la capacité de remboursement)

  • La dette ne doit pas représenter plus de 5 fois l’EBE ou 5 fois la capacité d’autofinancement (CAF)
  • L’annuité de remboursement ne doit pas dépasser plus 50% de la CAF
  • Les intérêts ne doivent pas dépasser 20% de l’EBE

Remarque : Ces limites évoluent en fonction du secteur considéré et du niveau des taux d’intérêts.

Le dépliant « les indicateurs financiers » indiquent tous les ratios qui permettent d’analyser avec efficacité toutes les composantes du risque de crédit d’une entreprise.

Yannick Coulon

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