Le dépliant « Les indicateurs financiers » est une boite à outils financière efficace.
Il faut toutefois souligner que l’analyse financière n’est pas une science exacte, elle exige des approximations raisonnées et des retraitements afin de déboucher sur une analyse cohérente et pertinente des tendances.
Voici quelques retraitements essentiels à effectuer :
AU BILAN
Les biens hors exploitation appelés parfois biens excédentaires
L’actif peut contenir des biens hors exploitation comme des immobilisations financières, des bâtiments non exploités ou une réserve foncière jouant un rôle fondamental en matière de valorisation.
Il faut les extraire de l’actif économique et éliminer les dettes associées.
Ils ne jouent aucun rôle dans l’élaboration du revenu opérationnel.
Les frais d’établissement
Ils ne correspondent pas à un actif réel et ne généreront aucun flux de trésorerie futur. Ils doivent être éliminés.
Les stocks et créances clients
Ces 2 postes essentiels du BFRE sont souvent surestimés.
Quelle est la qualité du stock détenu par l’entreprise ?
Quelle est la part de créances douteuses ?
Une décote est souvent nécessaire en matière de valorisation patrimoniale
Le crédit-bail
Si une PME se finance par crédit-bail, les immobilisations ainsi financées et les redevances (loyers enregistrés en charges externes) doivent être retraitées (transformation du crédit-bail en emprunt et intégration du bien immobilisé et de la dette correspondante dans le bilan retraité).
Ce retraitement augmente considérablement l’EBE mais aussi l’endettement de l’entreprise mais n’a pas d’impact sur la trésorerie et sur la valorisation patrimoniale.
L’engagement financier hors bilan sous forme de crédit-bail est donc retraité et ajouté aux dettes financières.
Pour les entreprises cotées, la norme IFRS 16 a renforcé la comptabilisation des contrats de location.
Les provisions
Les provisions figurant au passif sont, en théorie, des dettes probables.
Cependant, elles sont parfois mal estimées ou utilisées comme réserve pour de résultats futurs (jeu des reprises sur provision).
Elles doivent donc être réparties entre capitaux propres et dettes. La partie excédentaire est ajoutée aux capitaux propres, et la partie justifiée devient une dette financière réelle.
Les comptes courants d’associés
Les comptes courants d’associés ne sont pas comparables à des dettes bancaires (surtout si bloqués), ils sont considérés comme des quasi-fonds propres car les prêteurs ont le double statut de créanciers et actionnaires. Une dette bancaire est impérativement remboursée, mois après mois, un CCA (bloqué) peut rester en place pendant une très longue période. La contrainte financière est faible (sauf si conflit aigu destructeur entre actionnaires).
AU COMPTE DE RESULTAT
Le loyer d’une société d’exploitation versé à une SCI
Le loyer doit être basé sur la valeur économique ; un loyer excessif facturé par une société d’exploitation et utilisé pour financer l’intégralité du prêt d’une société civile immobilière (appartenant au gérant de la société d’exploitation) fausse l’analyse. L’EBE de la société opérationnelle est alors sous-évalué et doit être retraité.
Le résultat exceptionnel
Une perte exceptionnelle (comme un gain exceptionnel) doit être neutralisée avant toute analyse, seul le récurrent est pertinent pour une vision à long terme. Et par extension, toutes les charges exceptionnelles, qui sont par définition non récurrentes, doivent être éliminées.
Une analyse est essentiellement prospective, par conséquent tout ce qui a peu de chances de se reproduire ne devrait pas être pris en compte.
Yannick Coulon