Les monnaies cryptées souveraines : entre monnaies spécialisées et monnaies généralistes

Derrière les tonitruances des bitcoin, Libra et autres monnaies cryptées privées, indépendantes, libres et prêtes à rendre le pouvoir monétaire aux citoyens, certains mouvements donnent à penser que beaucoup de choses sont en passe de changer le monde des monnaies souveraines.

 

 

Banque de France et banque de Suède à la manœuvre

Le moment est passionnant car les problématiques sont multiples. L’attitude de deux banques centrales européennes, la banque centrale française et la banque centrale de Suède est topique en ce que l’une et l’autre s’intéressent aux monnaies cryptées, dans deux domaines décrits comme étant opposés.

L’une, la banque de France, s’est mobilisée pour ce que nous qualifierions de transactions de « gros » quand l’autre, la banque de Suède, avance dans le cadre de la mise en place des transactions « retail ».

Les objectifs visés par les deux banques sont communs dans leur principe mais diffèrent quant à leur portée. Elles s’attachent à la mise en place de systèmes et de supports garantissant le moindre coût, la plus grande rapidité et la sécurité la plus absolue. Les deux banques centrales visent à fournir des moyens d’échanges monétaires rapides, efficaces et sécurisés, triple exigence des agents de l’économie quels qu’ils soient.

Les divergences entre la banque de France et la banque de Suède

En revanche, les deux banques centrales divergent à propos des populations et des types de transactions qui sont en cause. La banque centrale de Suède s’est engagée dans des recherches ayant pour objectif la mise en place d’une monnaie de détail, complémentaire de ce qu’on nomme des monnaies en billets ou en pièces. La banque de France a lancé plusieurs projets portant sur des domaines très spécialisés sur le plan technique et qui n’ont pas de vocation immédiatement universelle. Il s’agit de mettre en place de nouveaux moyens de traitements monétaires dans le domaine très complexe des échanges de titre, des modalités de livraison-règlement via des « titres financiers numériques » et des opérations de règlements interbancaires.

L’une s’adresse donc à l’ensemble de la population, essentiellement celle qui traite des opérations de petits montants en nombre considérable, l’autre à des professionnels peu nombreux, maniant des opérations moins nombreuses dont les valeurs unitaires sont considérables.

Il est intéressant de suivre les deux démarches et de les mettre aussi en parallèle avec la démarche chinoise et son évolution vers une monnaie cryptée souveraine. Dans un prochain article, on approfondira la comparaison des projets français et suédois.

Par Pascal Ordonneau

Photo de M. Pascal Ordonneau

 

 

 

Ouvrages de Pascal Ordonneau aux éditions Arnaud Franel :

Des monnaies cryptées aux ICO
Monnaies cryptées et blockchain

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A propos de l'Auteur :
Pascal Ordonneau, banquier, a été DG et PDG de banques françaises, anglaises et américaines. Il est SG de l’Association « Iconomy ». Auteur d’une dizaine d’ouvrages parmi lesquels cinq livres d’économie et de finance, il est chroniqueur aux Échos, au Huffington Post et conférencier (monnaies cryptées et Allemagne).

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