L’attrait inédit du « cash equivalent »

 

Thème valeurs mobilières et bourse

Apparu il y a environ trois ans, le concept de fonds « cash equivalent » bénéfice d’un engouement croissant lié à un environnement de taux inédit.

Explications.

Le contexte

À rebours de la pratique encore habituelle il y a peu, le fait de payer pour prêter est devenu en l’espace de quelques années la norme pour les investisseurs. Ainsi la très grande difficulté pour les fonds monétaires d’obtenir des performances positives, d’abord limitée à la catégorie monétaire court terme, s’est étendue aux OPC monétaires.

En outre, la prise de risque à 12-24 mois n’offre plus de résultat substantiel, et les alternatives de placement ont perdu de leur intérêt avec la généralisation de la facturation des dépôts bancaires et la normalisation des rémunérations des comptes à terme liée à la mise en application des ratios de liquidité prescrits par Bâle 3.

C’est dans cet environnement que les fonds « cash equivalent » ont été conçus comme une manière innovante d’obtenir un rendement plus satisfaisant que celui des fonds monétaires, au prix d’un risque restant raisonnable. D’abord appréciés par les Corporates pour leurs garanties en termes de normes comptables, ils ont été progressivement adoptés par les investisseurs institutionnels pour leurs portions les plus longues de trésorerie.

Le « cash equivalent »

Les fonds « cash equivalent » permettent en effet un investissement des OPCVM monétaires sur 36 mois au lieu de 24 habituellement, et comme la pente de spreads est plus avantageuse sur le segment 2/3 ans, ils sont mieux rémunérés. De plus, la durée de vie moyenne pondérée des fonds « cash equivalent », de 18 mois, est supérieure à celle de 12 mois des fonds monétaires classiques.

C’est cet allongement de la durée de la maturité des titres qui explique l’attrait inédit pour les fonds « cash equivalent » : en période de taux négatifs, ils permettent de diversifier et dynamiser la gestion des liquidités sans pour autant augmenter outre mesure l’exposition au risque de crédit.

Les conditions d’obtention du label « cash equivalent » sont effectivement strictement définies ; l’OPCVM envisagé doit ainsi :

  • Avoir une durée de placement recommandée de 12 mois maximum ;
  • Disposer d’un indice de référence issu du marché monétaire ;
  • Avoir une volatilité de moins de 50 points de base par rapport à celle de l’EONIA ;
  • Être composé de titres dont la durée de vie résiduelle est inférieure ou égale à 36 mois ;
  • Avoir un actif dont la maturité moyenne maximale (WAM) ne dépasse pas 6 mois ; et la durée de vie moyenne pondérée (WAL) de celui-ci ne doit pas excéder 18 mois.

Il revient aux commissaires aux comptes des entreprises de déterminer quels fonds peuvent remplir les critères d’obtention du label « cash equivalent ».

Classés en catégorie obligataire, les fonds « cash équivalent » sont toutefois, pour finir, plus volatils que ceux de la catégorie monétaire. On veillera donc, avant de s’y intéresser, à s’assurer de disposer au minimum d’un horizon de placement à six mois.

 

Par Eric Bourguignon

Photo de M. Eric Bourguignon

Ouvrages d’Eric Bourguignon aux éditions Arnaud Franel :
Alerte au tsunami monétaire
ID Reflex’ Fondamentaux de l’économie

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A propos de l'Auteur :
Diplômé de Sciences-Po Paris, Docteur en Economie et Finance internationales de l’Université de Paris IX Dauphine. Actuellement, Directeur Général Délégué et Responsable des Activités pour Compte de Tiers chez Swiss Life Asset Management (France), il a consacré l’essentiel de sa carrière à la gestion d’actifs. Il a notamment passé 6 ans à Segespar (Groupe Crédit Agricole) en tant que gérant obligataire, et 13 ans à CCR-Gestion (Groupe UBS) en tant que Directeur Général Adjoint.

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