Le monde actuel est si chaotique et imprévisible, qu’il est bien difficile, voire impossible de se projeter à quelques mois pour identifier les meilleures opportunités d’investissement. Les évolutions des cours des matières premières et des indicateurs boursiers sont actuellement le plus souvent corrélées aux tweets de Donald Trump plutôt qu’aux indicateurs économiques. Celui-ci soufflant constamment le chaud et le froid sur le conflit avec l’Iran et sur les taxes douanières, les investisseurs sont désorientés et l’on est de moins en moins étonnés des mouvements erratiques des principales bourses mondiales.
Alors quelle(s) stratégie(s) adopter pour l’épargne déjà constituée et pour ses liquidités futures ?
L’été est un moment privilégié pour prendre du recul et le temps d’analyser d’une manière pragmatique le monde économique dans lequel nous vivons. C’est ce que nous vous proposons dans cette lettre, sans prise de tête si vous êtes sur une plage ou en montagne pour une randonnée…
Revoyons simplement ensemble les principaux facteurs de politique économique qui, en temps normal, permettent d’envisager avec confiance l’évolution des principaux placements financiers (livrets bancaires, assurance-vie, actions, obligations, immobilier, or et matières premières…).
Les principaux auteurs des théories économiques sont :
- John Maynard Keynes qui vise à stimuler l’économie en augmentant la consommation des ménages et les dépenses publiques ;
- Milton Friedman qui met l’accent sur l’offre et la stabilité monétaire ;
- Arthur Laffey qui propose de réduire les impôts et la régulation pour stimuler l’investissement (école de l’offre).
Si l’on veut résumer simplement toutes les théories économiques développées au cours des derniers siècles, on peut dire que les principaux leviers d’une politique économiques se répartissent en grandes trois catégories :
- La politique monétaire des banques centrales (taux d’intérêt).
- La politique budgétaire des États (déficit ou excédent).
- Les politiques structurelles réalisées par les gouvernements (mesures politiques).
Aujourd’hui, seul le 1er levier de la politique monétaire est activable et activé. Il devient l’alpha et l’oméga du monde économique. Pourquoi ?
La raison principale est que la très grande majorité des pays développés dans le monde détiennent des déficits importants, voire abyssaux, de leur budget national. Le levier de la dépense supplémentaire pour soutenir et développer l’économie du pays n’est plus possible. Exit le levier de l’investissement budgétaire
Les promesses proposées par les différents partis politiques lors des élections se heurtent une fois au pouvoir à la réalité des finances du pays. Tous les principaux pays développés ayant une dette très importante, les possibilités d’investissement sont très réduites. Une grande partie des recettes fiscales servant à payer seulement les intérêts de la dette, les gouvernements sont très limités pour orienter de nouvelles politiques économiques. Exit les politiques structurelles.
Dans ce contexte, il ne reste plus comme levier que la politique monétaire des banques centrales qui a pris le pas sur les autres leviers depuis une dizaine d’années. Aujourd’hui, toute l’attention des économistes, gouvernements et investisseurs, est tournée vers chacune des réunions des banques centrales (BCE et Fed) pour déceler une éventuelle orientation ou décision de montée ou baisse des taux. Ces réunions (6 à 7 par an) qui n’intéressaient personne il y a 20 ans cristallisent aujourd’hui tous les regards des acteurs économiques et du monde politique.
Devoir de vacances
Pour apprendre ou se rappeler les bases d’une politique monétaire, je vous propose le quizz suivant.
1. Quel outil une banque centrale utilise-t-elle pour influencer l’économie ?
a) Les subventions aux entreprises
b) Les taux d’intérêt directeurs
c) Les lois fiscales
2. Quelle institution est la banque centrale de la zone € ?
a) La Banque de France
b) La Réserve fédérale (Fed)
c) La Banque centrale européenne (BCE)
3. Quel phénomène une banque centrale cherche-t-elle à éviter avec sa politique monétaire ?
a) La croissance économique
b) L’inflation
c) La baisse des salaires
4. Dans quelle ville se trouve la BCE ?
a) Bruxelles
b) Francfort
c) La Haye
5. Quel est l’impact d’une hausse des taux d’intérêt par une banque centrale ?
a) Ralentir l’inflation en réduisant la demande
b) Stimuler immédiatement la croissance
c) Réduire le chômage à court terme
6. Qu’est-ce qu’un taux d’intérêt ?
a) Un pourcentage prélevé sur le capital emprunté ou placé
b) Une taxe imposée par l’État sur les transactions financières
c) Un indice boursier mesurant la performance des banques
7. Quel est la différence entre un taux d’intérêt nominal et un taux d’intérêt réel ?
a) Le taux nominal inclut l’inflation, le taux réel non
b) Le taux réel inclut l’inflation, le taux nominal non
c) Le taux nominal est toujours supérieur au taux réel
8. Quel est l’avantage d’un taux d’intérêt fixe par rapport à un taux variable ?
a) Il permet de bénéficier des baisses des taux du marché
b) Il offre une stabilité dans les remboursements
c) Il est toujours moins cher
9. Si le taux d’intérêt nominal est de 4 % et que l’inflation est de 2 %, quel est le taux d’intérêt réel ?
a) 2 %
b) 6 %
c) 1,96 %
10. Si les taux d’intérêt augmentent, que se passe-t-il généralement pour les mensualités d’un crédit immobilier à taux variable ?
a) Elles diminuent
b) Elles restent stables
c) Elles augmentent
Réponses
- b) Les banques centrales ajustent les taux d’intérêt (ex. : taux de refinancement) pour encourager ou freiner l’emprunt et la consommation.
- c) La BCE supervise la politique monétaire des pays utilisant l’euro.
- b) L’inflation (ex. : Allemagne dans les années 1920) détruit le pouvoir d’achat. Les banques centrales visent une inflation modérée (ex. : cible de 2 % pour la BCE).
- b) La BCE a son siège à Francfort.
- a) Des taux plus élevés renchérissent les crédits, ce qui freine la consommation et l’investissement, réduisant ainsi la pression inflationniste.
- a) Un pourcentage prélevé sur le capital emprunté ou placé. Le taux d’intérêt représente le coût de l’argent emprunté ou la rémunération de l’argent placé, exprimé en pourcentage.
- b) Le taux réel inclut l’inflation, le taux nominal non.
- b) Il offre une stabilité dans les remboursements : Un taux fixe permet de connaître à l’avance le montant des mensualités, contrairement à un taux variable qui fluctue avec le marché.
- a) 2 % : Taux réel ≈ Taux nominal – Inflation = 4 % – 2 % = 2 %
- c) Elles augmentent : Avec un taux variable, si les taux d’intérêt montent, les mensualités du crédit augmentent aussi.
Votre score
- 10/10 : Vous êtes expert en taux d’intérêt et rôle des banques centrales !
- 7-9/10 : Vous avez de très bonnes connaissances et quelques révisions à faire.
- 4-6/10 : Vous avez les bases, mais il reste à approfondir.
- 0-3/10 : Vous avez l’été pour enrichir vos connaissances.
Patrick Butteau et Thomas Butteau