Quels placements suite à la crise du Covid ? (3/3)

Sur le temps long, l’objectif est de préserver son capital, soit pour soi, soit pour les générations futures dans le cadre d’une transmission à titre gratuit. Cette protection du capital passe nécessairement par une certaine diversification (tant en classe d’actifs que géographiquement). L’idéal est également de choisir des actifs peu corrélés entre eux, c’est-à-dire se comportant différemment face à un événement économique. 

Gérer son patrimoine

Pour les ménages, la question première est celle de la retraite et de la fin de vie. Pour reprendre l’expression du Président Macron, la retraite par répartition est le patrimoine de ceux qui n’en ont pas. Il est tout aussi clair que le patrimoine est la retraite de ceux qui n’ont pas une retraite suffisante. Il s’agit d’une des premières motivations de la constitution d’un patrimoine : pouvoir faire face à ses besoins et à ceux de son conjoint, en fin de vie.

La motivation subsidiaire est celle de la transmission aux générations futures, au nom de la solidarité familiale. Les droits de succession sont une question majeure alors que la tranche marginale d’imposition en ligne directe est à 45 %.

L’assurance vie permet, au moment de la retraite, d’effectuer des rachats partiels à une fiscalité relativement clémente. Au décès du souscripteur et à condition que le contrat ait été souscrit avant 70 ans, l’assurance vie permet de bénéficier d’un abattement de 152.500 euros par bénéficiaire et d’une taxation à 20 % ou 30 % selon les montants en jeu. Pas étonnant qu’avec 1.788 milliards d’euros investis, ce soit le placement préféré des Français. Il s’agit d’une enveloppe fiscale qui permet d’avoir une allocation d’actifs diversifiée. Les choix qu’elle propose sont similaires à ceux qu’on pourrait avoir en cas de détention en direct.

Investir dans quels actifs ?

Il est possible d’investir en actions grâce à des OPCVM qui constituent assi des unités de compte des contrats d’assurance vie. On assiste à la montée en puissance des fonds à gestion passive (dit ETF -Exchange Traded Funds) qui répliquent un indice et permettent de diminuer les frais de gestion. L’autre solution consiste à faire confiance à un gérant collectif ou privilégier une allocation d’actifs thématiques.

Sur le long terme, l’immobilier est également un actif qui répond à ces problématiques à la fois de complément de retraite et de transmission. Les loyers peuvent constituer un complément de revenu. L’immobilier de jouissance (résidence principale mais aussi résidence secondaire) permet de faire une économie de loyer et donc de dépense. L’immobilier reste très taxé sur le plan des droits de succession. Le seul moyen de réduire l’addition est de faire une donation en démembrement de propriété le plus tôt possible. Cela permet de diminuer au maximum la valeur de la nue-propriété.

Penser à long terme

L’évolution démographique de la planète démontre que les actifs réels sont des placements d’avenir sur le long terme. Il s’agit bien entendu des placements immobiliers mais aussi fonciers. Il y a également les placements en matières premières (les métaux précieux comme l’or ou les métaux de base mais aussi les matières premières agricoles).

Une allocation d’actifs de long terme doit tenir compte des tendances lourdes de la société. Elles ont préexisté à la crise du Covid mais risquent d’avoir un effet accélérateur ou de prise de conscience collective. Parmi elles, l’évolution des modes de travail (télétravail). Cela pose la question à la fois de l’immobilier de bureau mais également la question du travail pour tous et du revenu universel. La relation de notre société avec la mort et la fin de vie montre la vitalité de tout ce qui est lié à la santé, aux services à la personne (EPHAD, habitat transgénérationnel) mais aussi au contrôle de la naissance (PMA, GPA) et de la fin de vie (transhumanisme), avec tous les problèmes éthiques que cela pose.

Enfin, la crise du coronavirus a permis de prendre conscience de la solidarité de tous les pays pour résoudre les problèmes mondiaux que sont non seulement les pandémies mais aussi les questions climatiques. La question de l’énergie et des transports, qui ont été à la base de toutes les révolutions économiques, sera probablement l’une des grandes questions de l’économie et de la société de demain.

Par Paul-André Soreau

Photo de M. Paul-André Soreau

Fondateur d’Altride Family Office

 

Lire les articles précédents :

Quels placements suite à la crise du Covid ? (1/3)

Quels placements suite à la crise du Covid ? (2/3)

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A propos de l'Auteur :
Ancien notaire, conseil en gestion de patrimoine et associé fondateur de Altride Family Office (Altride.fr)

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