Quels placements suite à la crise du Covid ? (2/3)

Une des grandes leçons de la crise du Covid est la confirmation d’un engagement durable des États dans la vie économique et sociale. Ce facteur n’est pas nouveau mais ce phénomène s’est largement étendu à tous les pays de la planète. Même les très libéraux américains ont débloqué une aide sociale et un plan de relance. On peut considérer qu’il s’agit d’une tendance lourde et pérenne.

Conséquences de l’engagement économique des États

Il en résulte deux conséquences essentielles pesant sur la politique des banques centrales. D’abord, elles recherchent des taux d’intérêt bas afin de maintenir la soutenabilité de la dette émise par les États pour financer les plans de soutien et de relance économiques après la crise du Covid. Ensuite, elles accentuent la politique de « quantitative easing » ayant pour conséquence d’inonder le marché de liquidités, afin de permettre aux émissions obligataires des États de trouver un débouché.

Cela n’est pas sans conséquence sur les placements des ménages. Il y a une baisse de la rentabilité générale des placements. Cela s’est concrétisé depuis déjà plusieurs années, pour les Français, par la baisse de rentabilité des contrats d’assurance vie en euros. S’en suit également une inflation de la valeur nominale des actifs et donc des placements des Français.
Les taux d’intérêt bas permettent d’emprunter à moindre frais pour acquérir des actifs et les émissions monétaires importantes de banques centrales ont pour effet de baisser la valeur relative de la monnaie. Cela incite les épargnants à acquérir des actifs réels afin de se protéger contre une perte de pouvoir d’achat.

Recherche de rentabilité

La recherche de rentabilité encourage les épargnants à investir dans des actifs plus risqués, comme l’immobilier ou le private equity. En effet, en principe, le taux de rendement d’un bien est d’autant plus important que le placement est risqué. Mais la tendance à la baisse des taux de rendement entraîne une moindre rémunération du risque. Le risque du placement est donc moins bien rémunéré qu’hier. L’allocation d’actif idéale est celle qui permet de trouver le couple rendement-risque optimal. La recherche de rentabilité s’accompagne donc nécessairement d’une prise de risque plus importante.

La question de la fiscalité

L’intervention massive des États pose en creux la question de la fiscalité car il est clair qu’il faudra un jour rembourser les dettes contractées par la puissance publique. Or la France est un des pays où le taux de prélèvements obligatoires est le plus élevé de la planète (plus de 46 %) et où l’imposition est la plus concentrée (2% des ménages payent plus de 40 % de l’impôt sur le revenu).

Pour se constituer un patrimoine, il est donc utile de bénéficier des dispositifs fiscaux permettant d’atténuer autant que possible la fiscalité. Par exemple, le PEA (Plan d’Epargne en Actions) permet de se constituer un portefeuille boursier en exonération de plus-value. Le PER (Plan d’Epargne Retraite), quant à lui, favorise la constitution d’un capital retraite, grâce à une déduction d’impôts. Également, les dispositions Pinel, Malraux, Cosse, Denormandie ou Censi-Bouvard permettent de se constituer un patrimoine immobilier locatif avec une fiscalité allégée, à condition de bien sélectionner son investissement en terme de localisation. Enfin, le dispositif Dutreil permet, sous certaines conditions, de transmettre une entreprise avec une réduction de base imposable au titre des droits de mutation à titre gratuit de 75 %.

Par Paul-André Soreau

Photo de M. Paul-André Soreau

Fondateur d’Altride Family Office

Lire la suite : la nécessité de préserver le capital dans un contexte de changement de modèle de société

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A propos de l'Auteur :
Ancien notaire, conseil en gestion de patrimoine et associé fondateur de Altride Family Office (Altride.fr)

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