Avis aux investisseurs en ICO : protégez-vous contre les paillettes des White-Papers bidonnés ! (1/2)

Dans un récent article, paru le 22 avril dernier dans Decrypt sous le titre de « Confessions of a White-Paper writer », l’auteur, Ben Munster, fait une description glauque du monde des « rédacteurs de White-Papers ».

Retour sur l’affaire des White-Papers

Pour commencer, il précise que la plupart des White-Papers sont sous-traités à des écrivains qu’on pourrait comparer à des écrivains publics ou des rédacteurs de billets publicitaires selon des tarifs qui sont payés entre 1000 et 5000 dollars pour leurs travaux en fonction des compétences, des desiderata des commanditaires et des subtilités à introduire dans le document.

À quoi servent les White-Papers dans le monde disruptif et révolutionnaire des ICOs ? On a envie de dire que c’est le socle sur lequel est posée la proposition « offering » de levée de fonds. Il n’y a là rien d’informatique, il n’y a rien de blockchain, ou de crypto ou coins, tokens et autres nouveautés. Le White-Paper n’est qu’un document comportant une certaine dose d’éléments juridiques. Dans certains pays, la France par exemple, le White-Paper peut être qualifié au sens où son sérieux et sa pertinence vont être jugés par des organismes extérieurs à l’équipe à l’origine de l’ICO.

Ce document va présenter l’affaire, le projet qui justifie l’appel de fonds aux yeux des investisseurs. Ce n’est pas un document publicitaire. Il ne s’agit pas de vanter une savonnette ou un soda. Le White-Paper est l’instrument par lequel les lanceurs de l’ICO justifient l’investissement qu’ils soumettent aux souscripteurs de coins.

La responsabilité des acteurs en question

Il faut souligner la responsabilité des lanceurs de l’ICO vis-à-vis des propositions, prévisions et annonces que ce document contient. En France, par exemple, cette responsabilité ne pourra pas se résumer à une idée disruptive où l’épargnant est un investisseur libre (enfin) de placer son argent où il le veut, dans les conditions qui lui plaisent, et en suivant une « love story » ou un « story telling » qui flatte son imagination ou son ego.

L’auteur de l’article cité en préambule constate que, malgré quelques rappels à l’ordre et quelques mésaventures d’épargnants égarés ou floués, les auteurs de White-Paper sont « incités en permanence à fabriquer des informations et à les exagérer sur fonds d’une paresse alarmante de la part de ceux qui les emploient » (traduction de l’auteur).

Dans la seconde partie : les dérives des White-Papers.

 

Par Pascal Ordonneau

Photo de M. Pascal Ordonneau

Ouvrages de Pascal Ordonneau aux éditions Arnaud Franel :
Des monnaies cryptées aux ICO
Monnaies cryptées et blockchain

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A propos de l'Auteur :
Pascal Ordonneau, banquier, a été DG et PDG de banques françaises, anglaises et américaines. Il est SG de l’Association « Iconomy ». Auteur d’une dizaine d’ouvrages parmi lesquels cinq livres d’économie et de finance, il est chroniqueur aux Échos, au Huffington Post et conférencier (monnaies cryptées et Allemagne).

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