Des IEO pour faire de bons ICO

C’est un nouveau venu dans le monde des cryptos, des tokens, des coins et des ICO : il se nomme IEO, pour Initial Exchange Offerings. Quoi de neuf ? Les IEO sont à la fois une curiosité dans l’univers décentralisé, indépendant, distribué de la blockchain et des monnaies cryptées, et par ailleurs une solution à la foire d’empoigne, tournant à la gabegie et aux pratiques douteuses qui ont illustré les démarrages foudroyants des ICO.

Le positif et le négatif

Les ICO combinent des aspects séduisants, comme la liberté, la spontanéité, l’indépendance et la technologie, avec d’autres moins sympathiques tels que les arnaques, l’amateurisme et la désinvolture.

A l’origine des moins : le fait que les émetteurs de Coins se lançaient souvent dans des entreprises pour le moins complexes, entre l’invention de nouvelles activités et la gestion d’un service aux souscripteurs, la constitution d’une blockchain, sa gestion et sa maintenance, le suivi des tokens, etc. Mais aussi, puisque le principe était de se passer d’intermédiaire, une fois les White Papers rédigés et lancés vers le marché, l’argent devait arriver sans qu’aucune commission ne soit prélevée, sans qu’aucun empêcheur de danser en rond vienne gêner l’opération. Et finalement si tout était au mieux mal ficelé, au pire frauduleux, le souscripteur de tokens en était pour ses frais.

Quel est le principe ?

L’idée des IEO est très simple dans son principe et très commode dans son application : le lancement de l’ICO n’est plus exécuté par le « team » à l’origine du projet et/ou de la start-up. Tous les travaux « ancillaires » sont délégués à une entreprise, « l’exchange » qui va exécuter les démarches légales (KWC), vérifier la plausibilité du White Paper, s’assurer de la bonne création des tokens et de la réception des fonds et, avec le « team », définir la gestion par blockchains et traiter des échanges, affectations, dépenses des tokens.

Il est intéressant de relever que cette nouvelle façon de procéder a reçu un accueil enthousiaste. Les « exchanges » multiplient leurs offres d’IEO. On raconte leurs prouesses : tel « exchange » a réussi à récolter 30 millions de dollars en un quart d’heure, tel autre a tout simplement refusé de lancer un ICO, trois jours avant la date limite, le « team » ayant modifié sans prévenir une condition substantielle du White Paper.

Pourquoi une si belle image ?

Tout simplement parce qu’ayant beaucoup à perdre s’ils se trompent ou sont trompés, les « exchanges » se montrent exigeants vis-à-vis des initiateurs, tant en ce qui concerne leur sérieux, que celui de leur projet et des conditions de sa mise en place.

En somme, dans un monde qui veut tuer les intermédiaires (bancaires, évidemment), on les voit revenir au grand galop ! Avec leurs juristes, leurs financiers et leurs commissions. Ce sont des « exchanges » aujourd’hui. Ce seront peut-être des banques demain !

Par Pascal Ordonneau

Photo de M. Pascal Ordonneau

 

 

 

Ouvrages de Pascal Ordonneau aux éditions Arnaud Franel :

Des monnaies cryptées aux ICO
Monnaies cryptées et blockchain

(Article vu 18 fois, 2 visites aujourd'hui)
Share

A propos de l'Auteur :
Pascal Ordonneau, banquier, a été DG et PDG de banques françaises, anglaises et américaines. Il est SG de l’Association « Iconomy ». Auteur d’une dizaine d’ouvrages parmi lesquels cinq livres d’économie et de finance, il est chroniqueur aux Échos, au Huffington Post et conférencier (monnaies cryptées et Allemagne).

Got Something To Say:

Votre adresse eMail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*