Le rebond du bitcoin s’explique-t-il par celui des ICOs ?

Dans un récent article paru dans les Echos, on avait commenté la récente hausse surprise du bitcoin : « …le bitcoin s’est mis à remuer. La bête n’est donc pas morte et ne serait peut-être pas même moribonde ».

Pourquoi cette crypto-monnaie dont les qualités sont franchement usurpées en tant que monnaie et dont les cours se sont effondrés de 20 000 à 3000 dollars l’unité, se voit-elle à nouveau sous les feux des projecteurs, repassant en deux jours à un niveau qu’on n’avait pas vu depuis un an ?

Le bitcoin pris en main par les acteurs de l’économie

La SEC (security exchange commission) aurait-elle fait quelques pas en avant pour la création de produits dérivés, de « futures » et d’ETF axés sur le bitcoin ? Le bitcoin a-t-il redoré son blason en se faisant plus consensuel et moins anti-système ? Finalement, au lieu de se faire pourfendeur des systèmes bancaires et financiers, n’a-t-il pas mis beaucoup d’eau dans son vin et demandé protection et soutien aux établissements dont il promettait la fin ?

Il faut reconnaître qu’il y a un monde entre le bitcoin des débuts avec sa myriade d’early adopters et de geeks minant des BTC à qui mieux mieux sur leurs bécanes, et celui d’aujourd’hui où sa capitalisation est entre les mains de quelques grosses « baleines » et son minage concentré en une poignée d’entreprises chinoises.

D’où vient donc que le bitcoin ait retrouvé des couleurs alors qu’on voyait qu’il s’orientait vers des cours « zéro » ?

Le destin du bitcoin lié à celui des ICOs

Parmi toutes les causes de ce regain, il faut penser aux ICOs. On sait que la fantastique progression des levées de fonds de ce type, démarrée en 2016, pour exploser dans les premiers mois de l’année 2018, a connu un violent coup d’arrêt. Plusieurs causes à cette chute spectaculaire des apports en capitaux via les ICOs : la politique de hausse des taux d’intérêts par la FED qui a dissuadé la constitution de portefeuilles en monnaies cryptées par les fonds et institutions spécialisés provoquant une forte pression vendeuse. La méfiance manifestée à plusieurs reprises par la SEC vis-à-vis des monnaies cryptées et à l’égard des ICOs a joué aussi un rôle.

Le rôle des institutions financières et des nouveaux lancements d’ICOs

L’attitude plus claire de la SEC depuis fin 2018, une « détente » institutionnelle ne sont pas à négliger : après que les émissions d’ICOs ont violemment chuté, on annonce que quelques lancements nouveaux sont sur le point de sortir. La demande de monnaies cryptées et, par conséquent, du bitcoin en profiterait. Pour participer à ces nouvelles opérations, il faut bien sûr en détenir. Le marché est très étroit, la disponibilité des crypto-monnaies est faible, les prêts en bitcoin coûtent très chers, donc, pour mener de bonnes opérations en ICOs, il est préférable d’en avoir constitué des stocks.

On pourrait imaginer que la hausse du bitcoin est le symptôme d’un phénomène plus général : la relance des ICOs.

À suivre !!!

Par Pascal Ordonneau

Photo de M. Pascal Ordonneau

Ouvrages de Pascal Ordonneau aux éditions Arnaud Franel :
Monnaies cryptées et blockchain

(Article vu 32 fois, 1 visites aujourd'hui)
Share

A propos de l'Auteur :
Pascal Ordonneau, banquier, a été DG et PDG de banques françaises, anglaises et américaines. Il est SG de l’Association « Iconomy ». Auteur d’une dizaine d’ouvrages parmi lesquels cinq livres d’économie et de finance, il est chroniqueur aux Échos, au Huffington Post et conférencier (monnaies cryptées et Allemagne).

Got Something To Say:

Votre adresse eMail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*