OPA : les actionnaires gratifiés à hauteur de 27% en 2018 !

L’ensemble des secteurs de la cote a été concerné l’année passée, à commencer par celui de l’énergie. Les opérations sont toujours dynamisées par les conditions de financement.

Des OPA moins nombreuses dans un contexte de concentration

Avec seulement 25 offres publiques comptabilisées, 2018 n’aura pas été un grand cru. En moyenne ces sept dernières années, 38 opérations ont été recensées par l’Autorité des marchés financiers. Tous les compartiments d’Euronext Paris ont été visés, mais les compartiments B et C ont monopolisé plus de 75% des opérations. Il est à noter que les sociétés ont toutes lancé des offres en liquide, les offres en titres ayant été moins attractives pour les investisseurs.

Comme les années précédentes, des conditions de financement intéressantes ont accéléré un mouvement de concentration auquel aucun secteur n’a pu se soustraire, que ce soient les services informatiques (GFI), les ingrédients naturels (Naturex), les produits en cristal haut de gamme (Baccarat) ou encore la microchirurgie du dos (Vexim). En parallèle, sont toujours propices aux OPA les secteurs des TMT (Télécom, Média et Technologie) et celui de l’énergie. Le secteur énergétique a accumulé 4 opérations (Compagnie Parisienne de Chauffage Urbain, Electro Power Systems, Heurtey Petrochem et Direct Energie).

OPA, les meilleures primes

Dans tous les cas, les primes offertes continuent de susciter la satisfaction des actionnaires minoritaires. Du fait notamment de l’affaissement des valorisations de 2018, les primes dépassent celles enregistrées l’année précédente. En chiffres, les gratifications s’élèvent en moyenne à :

  • 27,4% sur la base du dernier cours avant l’annonce de l’offre
  • 29,6% sur la moyenne des 3 derniers mois.

Les lauréats des plus belles primes sont :

  • TxCell (+177%)
  • Spir Communication (+138%) – si l’on intègre le coupon exceptionnel détaché préalablement à l’offre
  • la Compagnie parisienne de chauffage urbain (+84%).

OPA, les pires décotes

Moins heureux ont été les résultats de SES Imagotag, Electro Power Systems, CFI, Baccarat et Serma Group qui ont subi une décote. Mais il n’a pas été si surprenant que ces offres n’engrangent pas les fonds espérés. À l’issue de son OPA, BOE Technology est ainsi resté sous le seuil des 80% du capital de SES Imagotag et Engie sous celui des 60% d’Electro Power Systems ; de son côté la Financière Apsys n’a acquis aucune action Compagnie Foncière Internationale. Force est de constater que le prix affichait une décote de 67,5% sur le dernier cours avant l’acquisition du bloc de contrôle (le 9 janvier 2018), et cela en dépit du relèvement des conditions.

Des recours pour rehausser les prix des OPA

Mais la présence d’experts indépendants témoigne du caractère équitable du prix proposé aux minoritaires et avec leur contribution les prix d’offre peuvent être rehaussés, entre l’annonce de l’offre et le visa de l’Autorité de régulation. Dans ces circonstances favorables, le Groupe BPCE a pu élever son prix de 6% sur Locindus, et Engie Energie Services (avec la Ville de Paris) a augmenté le sien de 7,5% sur la CPCU. Ces faits nous rappellent que les conditions ne sont pas immuables et qu’il faut rester prudent avant de céder ses titres.

Par contre, les compléments de prix, qui avaient été florissants l’an passé, ne se sont pas manifestés outre mesure cette année. Sofiouest seul a utilisé cette clause pour Spir Communication : les actionnaires ayant apporté leurs titres à l’offre ont ainsi pu profiter d’un paiement différé. Afin de compenser une croissance en berne, notamment en Europe, les groupes industriels devraient repasser à l’offensive dans les prochains mois.

Par Gérard Blandin

Directeur du site http://www.journaldesopa.com

Ouvrages de Gérard Blandin aux éditions Arnaud Franel :

Dictionnaire des fusions et acquisitions
ID Reflex’ Instituions financières internationnalles

(Article vu 7 fois, 11 visites aujourd'hui)
Share

A propos de l'Auteur :
Gérard Blandin est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et titulaire d’une maîtrise en sciences économiques, il compte trente ans d’expérience des marchés. Il a dirigé les rédactions de plusieurs hebdomadaires financiers et, en tant que chef d’entreprise ou administrateur de société, a réalisé plusieurs opérations de fusion et acquisition. Apprécié pour ses qualités pédagogiques, il a publié différents ouvrages qui font référence et notamment le Dictionnaire de la gestion collective dans cette collection.

Got Something To Say:

Votre adresse eMail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*