Dans la jungle des tokens, coins, crypto-currencies, ICOs, ITOs et autres fiat moneys. 

Dans un livre à paraître en février prochain aux Editions Arnaud Franel sur les « Initial Coins Offerings » ou ICOs, on s’est colleté avec la pléthore d’expressions anglo-saxonnes caractérisant les nouveaux marchés monétaires et financiers. Il n’est pas limpide et se traduit  par l’émission de tokens par également des échanges avec des  » crypto-monnaies «   et des « fiat moneys ».

Ces questions viennent de l’émergence de la finance et qui est régie par les règles du minage et des preuves  « POW », « POS » etc.

Des monnaies alternatives

Les monnaies cryptées, comme le Bitcoin ou l’Ether, ou encore le Cardano, le Litecoin etc, sont des monnaies alternatives au sens où aucune institution n’est en charge de les émettre et encore moins de les protéger. Elles n’ont ni cours légal, ni cours forcé et, renvoyant au libéralisme à l’américaine, n’ont ni dieu, ni maître, c’est-à-dire qu’elles ne sont sous l’ombrelle ou la protection d’aucune banque qu’elle soit centrale ou non. Elles vivent leurs vies sous la dénomination de « coins » (pièces en anglais) ou de cryptomoneys et même parfois de crypto-currencies).

Elles s’opposent, dans tous les sens du terme, aux monnaies classiques, émises selon les règles et organisations monétaires publiques, dénommées, à l’anglo-saxonne, « fiat money » ou Fiat, en raccourci (« monnaie souveraine » en Europe pour marquer que la création monétaire est une manifestation de pouvoir de l’Etat.)

Les ICOs

Depuis deux ou trois ans, les monnaies cryptées ont connu un développement financier fulgurant sous le nom d’Initial Coins Offering (ICOs) décalqué de « Initial Public Offering » qui signifie « introduction en Bourse ».

Les ICOs sont des animaux financiers étranges puisque, dans leur version la plus pure, ce sont des appels de fonds lancés par des entreprises en direction d’investisseurs privés ou institutionnels, sous la forme, non pas d’actions, ni d’obligations ou de leurs variantes, mais sous la forme de tokens (en anglais, jetons), informatiques. Cela conduit certains spécialistes à recommander l’acronyme ITO (« Initial Tokens Offerings ») plutôt que ICO, le terme « coins » étant source de confusion entre « instruments monétaires » et des « instruments financiers ».

En définitive, les tokens sont des instruments financiers, nouvelle manière, et c’est bien ce qui les différencie des instruments financiers classiques (actions et obligations), car ils ne confèrent à leurs souscripteurs aucun droit sur l’émetteur.

Pour les obtenir, aux Etats-Unis tout particulièrement, on ne les achète pas, on les échange contre des… coins, ou crypto-moneys. En clair, une entreprise qui émet des tokens dans le cadre d’une ICO, reçoit des coins en compensation de son émission. Le souscripteur, quant à lui, ou bien disposait d’un stock de coins (de Bitcoin et autres) ou bien devra s’en procurer en changeant des « fiat money » contre de la crypto-money (on notera que dans certains pays, des tokens peuvent être émis contre remise de fiatmonnaie ou monnaie souveraine directement).

Lexique de la finance alternative

Ainsi, pour clarifier cet embrouillamini terminologique, peut-on dire que :

  • Les « crypto-money» (ou le français « crypto-monnaie ») est une catégorie de monnaie privée (Bitcoin, Litecoin, Monero, Cardano, Ether)
  • Les « fiat moneys » sont des monnaies souveraines c’est-à-dire publiques (Euro, Dollar, Rouble etc.)
  • Un « coin » renvoie à la monnaie cryptée (crypto-money) comme un billet de banque renvoie à la monnaie souveraine (ou Fiat money)
  • Un token est un instrument financier (financial instrument) comme c’est le cas d’une action ou d’une obligation. A ce titre, il est un « crypto-asset » qu’on peut traduire en « crypto actif » ou « actif digital ».

On verra dans un article prochain que les questions de terminologie ne s’arrêtent pas là : les tokens sont une catégorie dont les sous-catégories sont multiples correspondant à des droits ou obligations qui peuvent leur être attachés.

Par Pascal Ordonneau

Photo de M. Pascal Ordonneau

Ouvrages de Pascal Ordonneau aux éditions Arnaud Franel :
Monnaies cryptées et blockchain

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A propos de l'Auteur :
Pascal Ordonneau, banquier, a été DG et PDG de banques françaises, anglaises et américaines. Il est SG de l’Association « Iconomy ». Auteur d’une dizaine d’ouvrages parmi lesquels cinq livres d’économie et de finance, il est chroniqueur aux Échos, au Huffington Post et conférencier (monnaies cryptées et Allemagne).

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