D’où viennent les monnaies  cryptées ?

L’histoire de la monnaie fait intervenir quelques
« héros » économiques : ce sont Crésus qui invente la frappe de monnaie, Palmstruc le billet de banque, Henri Germain qui théorise la banque universelle et enfin Satoshi Nakamoto à qui on devrait le Bitcoin.

Sauf qu’il semble bien qu’aucune personne n’a jamais porté ce nom ! Passons sur les héros ! 

Les monnaies cryptées, sur le plan des idées, ont une filiation avec les grandes idées libertariennes dont les racines plongent dans l’histoire des Etats-Unis : on cite alors les philosophes transcendantalistes que sont Emerson et Thoreau et leur philosophie : supériorité de l’Homme sur la Société, sa liberté au-dessus des règles étatiques, démocratie directe comme seul moyen de gouvernement etc.

Mais pour faire émerger une monnaie cryptée, il ne suffit pas de quelques grandes idées ! Une organisation, des technologies, des procédures s’imposent. L’informatique est venue très vite fournir les moyens de gestion de fichiers de base, « les comptes », la technologie et les procédures internet ont apporté les techniques de communication, « les transactions », et un contenu au concept d’open source, « la démocratie ». Enfin le troisième morceau de la « mécanique monnaie-cryptée », la cryptographie, a connu une expansion et une vulgarisation fulgurante dans les trente dernières années.

L’aboutissement d’un long processus

Pour autant, la coordination de cet ensemble d’éléments n’est pas venue d’un seul coup et le « génie de Satoschi » n’est que le point final mis à toute une série de tâtonnements pour résoudre les problèmes soulevés par l’automatisation intégrale de la gestion des fichiers
« comptes » et la création de monnaie dans le cas des monnaies dites « minées ».

Au tout début, dans les années 90, il s’agissait de faire fonctionner des « fichiers » à l’image des « comptes bancaires » sachant que les opérations d’identification des opérateurs, des opérations, des soldes disponibles, du sens des transactions et de leur authentification devaient être automatiques et anonymes. Ces techniques ont été rendues possibles par le fait que les processus « internet » et leurs applications sont devenus des techniques universelles.

Le rôle des techniques de cryptage

Puis, ont été développées les techniques de cryptage « peer to peer » fondées sur le fait que les problèmes listés plus haut peuvent être résolus
« scientifiquement » ou « mathématiquement » en impliquant les utilisateurs et leur équipement informatique. Sont nées dans ce but les fameuses « proof of work », popularisées par l’image de puzzles informatiques préalables à « l’authentification et à la datation » de toute transaction soumise à la « démocratie » des « peers ».

Pour fluidifier les traitements opérationnels et les rendre irréversibles, une technique dite Blockchain fondée sur la résolution de problèmes mathématiques s’est imposée. Vulgarisée par le lancement du Bitcoin vers 2009, elle sera un peu plus tard un des éléments centraux de l’Ether.

Actuellement, la création de crypto-monnaies est totalement banalisée, ce qui conduit à un flux permanent de nouvelles monnaies et c’est une variante « locale » qui fait beaucoup parler d’elle : les ICO « initial coins offerings » ou Tokens.

Par Pascal Ordonneau

Photo de M. Pascal Ordonneau

Ouvrages de Pascal Ordonneau aux éditions Arnaud Franel :
Monnaies cryptées et blockchain

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A propos de l'Auteur :
Pascal Ordonneau, banquier, a été DG et PDG de banques françaises, anglaises et américaines. Il est SG de l’Association « Iconomy ». Auteur d’une dizaine d’ouvrages parmi lesquels cinq livres d’économie et de finance, il est chroniqueur aux Échos, au Huffington Post et conférencier (monnaies cryptées et Allemagne).

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