Les marchés de taux,
entre optimisme et prudence


Début 2016, plusieurs indicateurs inquiétaient les marchés.

Qu’en est-il au terme du premier trimestre 2017 ?

 

Le maintien de la consommation et du marché du travail ont permis à l’économie américaine de ne pas s’affaiblir, le Brexit n’a pas eu d’incidence notable sur les marchés et la déflation redoutée par la Banque centrale européenne n’est pas survenue… Quant à la  Chine et aux pays émergents, leur situation économique ne s’est pas dégradée non plus, ce qui a calmé les inquiétudes générales.

Les indicateurs pour 2017

L’année 2017, passé le premier trimestre, semble avoir débuté avec de meilleurs indicateurs dans la plupart des pays. Des signes de reprise générale ainsi que les projets du Président Trump, en matière de développement d’infrastructures et grands travaux, pourraient entretenir l’optimisme des marchés.

Toutefois les investisseurs devraient rester prudents  en raison du processus de remontée des taux d’intérêt depuis l’été 2016 qui perdure et semble avoir mis un terme à un cycle de baisse de plus de 30 ans.

Cette inversion de tendance, nouvelle pour nombre d’opérateurs qui n’ont connu que des baisses, leur sera sans doute délicate à gérer.

N’oublions pas non plus que les banques centrales en réponse à la crise financière ont baissé leurs taux directeurs tout en recourant à la création de monnaie, ce qui a provoqué l’envolée du prix des actifs. Mais ces actions qui ont porté et soutenu les marchés pourraient leur faire défaut demain.

 Une économie mondiale toujours affaiblie

Les problèmes de fond de l’économie mondiale sont toujours là, malgré l’embellie conjoncturelle que l’on observe partout aujourd’hui.

Depuis la crise des subprimes, les gains de productivité restent au ralenti et 10 ans après le déclenchement de cette crise, il subsiste des surcapacités de production dans de nombreux secteurs. Quant à l’endettement, qui continue de progresser, il a atteint 325 %  du PIB de la planète en 2016 contre 269 % en 2007.

Or ces problèmes, non traités et atténués par les politiques de soutien des marchés des banques centrales, pourraient resurgir avec force et le protectionnisme que l’on sent monter dans le monde ne résoudra rien.

Conclusion : les investisseurs doivent rester très prudents, car 2017 risque de présenter des phases d’accalmie et des pics de volatilité. Dans cette conjoncture, mieux vaut s’écarter des actifs dont la rémunération n’est pas en phase avec les risques qu’ils comportent  tout en restant attentif aux opportunités d’investissement quand elles se présenteront.

 

Par Eric Bourguignon
Directeur Général Délégué de Swiss Life Asset Managers (France)

Photo de M. Eric Bourguignon

Ouvrages d’Eric Bourguignon aux éditions Arnaud Franel :
Alerte au tsunami monétaire
ID Reflex’ Fondamentaux de l’économie


A propos de l'Auteur :
Diplômé de Sciences-Po Paris, Docteur en Economie et Finance internationales de l’Université de Paris IX Dauphine. Actuellement, Directeur Général Délégué et Responsable des Activités pour Compte de Tiers chez Swiss Life Asset Management (France), il a consacré l’essentiel de sa carrière à la gestion d’actifs. Il a notamment passé 6 ans à Segespar (Groupe Crédit Agricole) en tant que gérant obligataire, et 13 ans à CCR-Gestion (Groupe UBS) en tant que Directeur Général Adjoint.

1 Commentaire

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article bref et concis.
En phase avec vous sur l’idée que le ralentissement de création de monnaie (tapering) pourra gêner.
En phase sur l’idée d’un endettement plus qu’excessif qui va être assujetti à la remontée des taux.
Un seul éléments exogène inattendu (comme d’accoutumée) pourrait d’une seule étincelle faire écrouler les bourses.